Conseil

Piqûres de méduse : les conseils des sauveteurs en mer pour les éviter et les soigner

publié le8 Décembre 2025

écrit parJean-baptiste Lindner

mis à jour le8 Décembre 2025

Méduse échouée sur une plage © Clint Patterson - Unsplash

Les piqûres de méduse peuvent être très douloureuses mais, en France métropolitaine, elles ne sont ni mortelles ni dangereuses. Comment savoir si vous venez d’être piqué par une méduse et que faut-il faire ? Voici les conseils des Sauveteurs en Mer pour identifier la blessure, avoir les bons réflexes et prodiguer les gestes de premiers secours. Attention, il y a aussi des gestes à éviter impérativement.

Comment recon­naître une piqûre de méduse ? 

Lors d’un bain de mer, vous ressen­tez soudain une forte brûlure sur le corps ou avez la sensa­tion d’avoir une réac­tion aller­gique ? Alors vous avez peut-être été piqué par une méduse et il faut réagir rapi­de­ment.

Le premier signe révé­la­teur d’une piqûre de méduse est une sensa­tion de décharge élec­trique due au contact avec les tenta­cules. Ce type de douleur ressen­tie est suivi d’in­tenses déman­geai­sons et d’une sensa­tion de brûlure.

Le deuxième indice est le type de lésion : en géné­ral la plaie est rouge et s’étend sur 3 ou 4 cm. La trace de la tenta­cule se voit sur la peau ainsi que celle des fila­ments urti­cants char­gés en cellules veni­meuses. Cette marque lais­sera une cica­trice mais qui dispa­raî­tra natu­rel­le­ment au bout de 2 à 4 semaines. Durant cette période, il faudra éviter de l’ex­po­ser trop au soleil.

Comment soula­ger la douleur d’une piqûre de méduse et soigner la bles­sure ? 

En cas de piqûre de méduse, restez calme et sortez tout de suite de l’eau pour éviter de vous refaire piquer. De plus, la douleur peut faire paniquer et empê­cher de nager. Les méduses en France métro­po­li­taine sont beau­coup moins urti­cantes que dans d’autres régions du monde. Hors rares cas de réac­tions aller­giques, les piqûres de méduses sur les côtes françaises ne sont donc pas dange­reuses.  

Si vous vous trou­vez sur une plage surveillée, allez tout de suite au poste de secours où les sauve­teurs présents vous appor­te­ront les premiers soins. Si vous n’êtes pas dans une zone surveillée, voici les recom­man­da­tions à suivre pour appliquer les premiers gestes :

  • Rincez abon­dam­ment la plaie avec de l’eau de mer, pas trop froide si possible, sans frot­ter.
  • Des frag­ments de tenta­cules peuvent s’être collés à la peau : ôtez-les à l’aide d’un objet fin, comme par exemple une carte bancaire ou une carte postale. Pour enle­ver les fila­ments urti­cants collés à la peau, ne frot­tez pas : appliquez du sable fin et chaud sur la plaie et grat­tez très douce­ment. Si vous avez une pince à épiler, n’hé­si­tez pas à l’uti­li­ser.
  • Rincez plusieurs fois  à l’eau de mer.

Après ces premiers gestes, il faut égale­ment, :

  • Désin­fec­ter la plaie avec un anti­sep­tique
  • Appliquer une pommade anti-inflam­ma­toire.  

Si vous avez du mal à respi­rer ou si la piqûre de méduse commence à gonfler, aler­tez tout de suite les secours les plus proches.  

Une fois votre plaie trai­tée, pensez à préve­nir les nageurs sauve­teurs du poste de secours ou les auto­ri­tés afin qu’ils ou elles alertent les baigneurs présents sur la plage.  

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Après la piqûre : ce qu’il ne faut surtout pas faire 

Lisez bien ces conseils complé­men­taires : 

  • Ne rincez surtout pas la piqûre avec de l’eau douce car cela ferait écla­ter les cellules restantes et libé­re­rait le venin.
  • Ne touchez pas la plaie.
  • N’uri­ner pas sur la plaie : cela ne sert à rien sinon à risquer la surin­fec­tion.
  • Ne sucez pas la bles­sure : cela n’as­pire pas le venin.
  • Ne grat­tez pas la plaie, ne frot­tez pas, évitez tout contact.
  • Ne posez pas de garrot.
  • N’ap­pliquez pas d’al­cool.

Enfin, si vous voyez des méduses mortes échouées sur la plage, ne les touchez surtout pas car leurs cellules urti­cantes conti­nuent de piquer. Il faut être très vigi­lant et ne pas lais­ser vos enfants s’amu­ser avec. 

Pourquoi les méduses piquent et comment les éviter ? 

Sur les côtes françaises, les méduses sont de plus en plus nombreuses, ce qui entraîne une augmen­ta­tion des piqûres de méduse. Le thon, son premier préda­teur, se fait de plus en plus rare en mer Médi­ter­ra­née, victime de la surpêche. Il en va de même pour d’autres plus petits pois­sons, comme la sardine ou le hareng, qui se régalent des œufs et larves de méduses et parti­cipent habi­tuel­le­ment à limi­ter l’ac­crois­se­ment de leurs popu­la­tions. Enfin, les modi­fi­ca­tions clima­tiques provoquent une hausse de la tempé­ra­ture de l’eau et leur offrent des condi­tions de vie et de repro­duc­tion de plus en plus favo­rables. 

Voici quelques conseils pour essayer d’évi­ter les méduses, puisqu’on doit vivre avec : 

  • Rensei­gnez-vous auprès des nageurs sauve­teurs du poste de secours le plus proche, ainsi qu’au­près des rive­rains et des autres vacan­ciers, afin d’éviter les zones très fréquen­tées par ces animaux marins.
  • Soyez atten­tifs aux signaux d’aver­tis­se­ments sur les plages (panneau ou drapeau rouge).
  • Si vous voyez des méduses échouées sur la plage ou si vous avez un doute, baignez-vous avec des combi­nai­sons de nage ou de plon­gée et mettez des chaus­sures de plage, notam­ment pour les enfants.  
  • Ne vous éloi­gnez pas des zones surveillées : les sauve­teurs sont formés pour recon­naître la présence de bancs de méduses et pour­ront vous les signa­ler… avant que vous entriez en contact avec elles.

Les méduses en France

Rassu­rez-vous, les méduses présentes en France sont loin des monstres de près de 40 mètres que l’on peut croi­ser dans les eaux austra­lien­nes… On retrouve prin­ci­pa­le­ment trois espèces de méduses sur les côtes françaises :

  • Dans la Manche ou la Mer du Nord, on trouve la méduse Auré­lie, recon­nais­sable à sa couleur bleue ou rose. Elle est légè­re­ment urti­cante.
  • Sur la côte Atlan­tique, vous aurez plus de proba­bi­lité de rencon­trer la méduse Rhizo­stoma Pulmo, ou poumon de mer, aux reflets bleu­tés et égale­ment faible­ment urti­cante.
  • La méduse péla­gique, prin­ci­pa­le­ment présente en mer Médi­ter­ra­née est celle qui provoque les réac­tions urti­cantes les plus violentes. De couleur orange ou violette, tache­tée de rouge, elle se plait dans les eaux chaudes. En raison du réchauf­fe­ment de l’océan, on commence ainsi à la retrou­ver sur la côte Atlan­tique. 

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Chaque année, de nombreux baigneurs piqués par des méduses sont soignés sur les plages par les Sauve­teurs en Mer béné­voles de la SNSM. Pour les aider à se former et les soute­nir dans leur mission, l’as­so­cia­tion a besoin de vous et de votre géné­ro­sité. Soute­nez nos béné­voles, faites un don à la SNSM !

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