Article Sauvetage

À califourchon sur un Zodiac retourné sur la barre d'Étel

publié le20 Janvier 2026

écrit parChloé ORER

4 min de lecture

mis à jour le21 Janvier 2026

Sauvetage d'un zodiac retourné dans dans la barre d'Etel

Les trois naufragés ont patienté de longues minutes sur leur semi rigide retourné dans la dangereuse barre d’Étel © SNSM

Trois personnes ont été secou­rues après que leur semi-rigide s’est retourné en tentant de passer la redou­table barre d’Étel.

La barre d’Étel est un obstacle bien connu et redouté des navi­ga­teurs, située à l’em­bou­chure de la rivière du même nom, dans le Morbi­han. Sa dange­ro­sité dépend de l’heure et du coef­fi­cient de la marée. Ce banc de sable provoque une forte vague, que les marins doivent passer pour rejoindre le port ou l’océan, selon leur sens de navi­ga­tion.

La longue liste des inter­ven­tions de la station SNSM d’Étel sur cette fameuse barre, située à quelques centaines de mètres du rivage, s’est encore étof­fée le 19 avril 2025. 

« Sous un soleil sympa­thique, nous étions plusieurs cano­tiers sur le port, occu­pés à faire visi­ter notre vedette pendant la jour­née de la Glacière en fête. Nous avons été appe­lés pour une embar­ca­tion retour­née sur la barre, avec trois personnes à cali­four­chon sur la coque, dont deux sans gilet de sauve­tage. »

Pier­rick Gueguen

Patron de la station SNSM d’Étel

Un semi-rigide s’est retourné alors que ses passa­gers pêchaient sur la barre à cet endroit. Le capi­taine, pour­tant habi­tué de la zone, ne s’est pas aperçu que l’eau était basse et son embar­ca­tion s’est échouée sur des brisants. La situa­tion est critique : les trois naufra­gés risquent, à chaque instant, d’être jetés dans une eau à 12 °C. Il faut inter­ve­nir rapi­de­ment. Les Sauve­teurs en Mer étant déjà sur place, la vedette SNS 205 Nohic appa­reille en quelques minutes. Le vent d’ouest souffle légè­re­ment, mais la mer est agitée et une houle impor­tante se forme sur la barre. Il y a très peu d’eau sur le banc de sable car c’est le début de marée montante. Malgré ces condi­tions diffi­ciles, Pier­rick Gueguen décide de traver­ser la barre.

« Une grosse frayeur »

« Une fois la barre fran­chie, nous mettons notre semi-rigide à l’eau avec deux nageurs sauve­teurs à bord, précise le patron. Ils rejoignent les naufra­gés, les embarquent, puis nous effec­tuons le trans­fert sur la vedette. Nos nageurs repartent ensuite vers le semi-rigide, le sortent des brisants, et, avec l’aide des pompiers, de Belz, le redressent et le ramènent à proxi­mité de la SNS 205 pour un remorquage vers le port. »

Les pompiers attendent sur le quai et prennent en charge les victimes. Les trois personnes sont en bonne santé, « malgré une grosse frayeur, précise Pier­rick Gueguen. Un drame a été évité de justesse. »

Quelques jours plus tard, les sauve­teurs d’Étel ont de nouveau été solli­ci­tés pour aider trois wind­sur­feurs bloqués sur la barre. Partis de Lorient pour rejoindre Étel, ils sont arri­vés sur le banc de sable à la marée descen­dante et se sont échoués au milieu du tumulte. Les béné­voles sont parve­nus à les secou­rir, malgré la nuit et un vent violent.

Article rédigé par Étienne Devailly

Équipage engagé

Vedette de deuxième classe – SNS 205 Nohic

Patron : Patrick Gueguen
Sous-patron : Jean Paul Burguin
Mécanien : Guy Ferrant
Nageurs de bord : David Ainard, Ronan Regnault
Équipiers : Jean-Nicolas Le Roux, Gilbert Lunven

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