Article Sauvetage

Calais : intervention d’ampleur pour tracter une baleine morte

publié le18 Avril 2025

écrit parJean-baptiste Lindner

mis à jour le18 Avril 2025

Le remorquage de la baleine de plus de 15 tonnes a été délicat. © SNSM Calais

Le cadavre de l’animal, pesant environ 15 tonnes, a été rejeté par les flots sur la digue de Calais. Les Sauveteurs en Mer sont intervenus pour le remorquer.

Une baleine morte s’est échouée dans le nouveau port de Calais, le 10 avril. Les flots ont déposé la dépouille de 19 mètres sur une digue, près du bassin Charles de Gaulle, où naviguent ferrys et bateaux de pêche. « C’était un véri­table danger pour la circu­la­tion des navires », souligne Philippe Darques, président de la station de Calais. Les Sauve­teurs en Mer ont été appe­lés pour dépla­cer le cadavre de 15 tonnes. Ils ont commencé par le bloquer en instal­lant un bout au niveau de la mâchoire, afin qu’il ne soit pas de nouveau emporté par la mer.

Le remorquage d’une telle charge demande une bonne orga­ni­sa­tion. En colla­bo­ra­tion avec les employés du port, les gendarmes et un spécia­liste des mammi­fères marins, les béné­voles sont passés à l’ac­tion quatre jours plus tard, le lundi 14 avril, dans l’après-midi. Ils avaient notam­ment prévu de porter des masques et d’uti­li­ser des huiles essen­tielles pour suppor­ter les émana­tions prove­nant de la dépouille du rorqual. « L’odeur était vrai­ment pesti­len­tielle, on a essayé de garder les masques mais en action ce n’était pas simple », témoigne Philippe Darques.

De plus en plus de baleines dans la Manche

Les pompiers ont accro­ché un bout à la queue de la baleine pour pouvoir la trac­ter à l’aide du canot tous temps SNS 077 Notre Dame du Risban des sauve­teurs de Calais. « C’était très impres­sion­nant, il fallait aller très lente­ment, à envi­ron un nœud (soit 1,8 km/h), pour à la fois ne pas abîmer le bateau et la charogne », précise le président de la station. Une fois la marée haute, les cinq sauve­teurs mobi­li­sés ont amené la bête sur le quai Paul-Devos. Là, ils l’ont dépo­sée à terre pour qu’un spécia­liste fasse des prélè­ve­ments ADN. Le cadavre a ensuite été trans­porté par voie terrestre jusqu’à un inci­né­ra­teur situé dans l’Aisne.

« Cela fait 35 ans que je suis béné­vole à la station de Calais, on a dû s’oc­cu­per durant cette période de trois ou quatre baleines. Mais c’est la première fois qu’elle se retrouve dans le port », s’étonne Philippe Darques. Ces mammi­fères marins sont de plus en plus nombreux sur les côtes du Nord – Pas-de-Calais. Ces dernières années, le planc­ton a eu tendance à migrer pour trou­ver un équi­libre entre la hausse des tempé­ra­tures des eaux du sud et l’aci­di­fi­ca­tion des mers du nord. Les animaux qui le consomment, comme les baleines, suivent son itiné­raire, souvent en passant entre l’An­gle­terre et la France. Un axe de navi­ga­tion très emprunté, ce qui entraîne un impor­tant risque de colli­sion.

Article rédigé par Clarisse Oudit-Dalençon

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