Découvrez les femmes de la SNSM
publié le1 Mars 2025
écrit parJean-baptiste Lindner
mis à jour le1 Mars 2025

Une sauveteuse de la SNSM sur la plage © Maxime Huriez
Dans ce monde d’hommes qu’est historiquement l’univers des marins, les femmes s’installent, encore lentement par endroits, mais naturellement. Là où elles sont, tout va bien, ce n’est plus une question. Découvrez notre dossier sur la place des femmes à la SNSM.
La Fédération internationale de sauvetage maritime encourage ses adhérents à intégrer plus de femmes. Une façon d’équilibrer peu à peu le déséquilibre de genre qui existe dans le monde maritime. Chez les Sauveteurs en Mer, ce mouvement a été entamé il y a plusieurs années et la tendance est davantage à composer avec l’évolution de la société.
Les femmes qui s’engagent bénévolement dans les stations et centres de formation et d’intervention (CFI) peuvent accéder à tous les niveaux de responsabilité que permet l’association. La mixité « vient progressivement, mais sûrement, estime Gwenaëlle Le Louarn-Le Bris, canotière de la station de Plouguerneau (Finistère). Le fait de voir d’autres femmes donne à des femmes l’idée de candidater. Il va y avoir un appel d’air. »
Nombreuses sur les plages…
La proportion est plus importante chez les nageurs sauveteurs qui surveillent les plages : 30 % aujourd’hui (à titre de comparaison, elles sont 19 % chez les pompiers civils). « Elles ont un peu peur d’avoir du mal à s’intégrer. Le sauvetage garde une image très masculine », explique Camille Bernard, bénévole au CFI d’Ille-et-Vilaine.
En revanche, la proportion de femmes à des postes de responsabilité progresse, indiquait une grande étude réalisée en 2020 : 21 % de cheffes de poste et 6 % de cheffes de secteur. Celle des directrices et directrices adjointes de CFI aussi (une directrice il y a quelques années, deux aujourd’hui). Mouvement naturel. Elles s’imposent par leurs compétences et leur disponibilité. Pour Anaïs Mevel, directrice adjointe du CFI de l’Indre à Châteauroux, « chaque fois qu’une femme accède comme elle à un poste dirigeant, c’est un signal positif. »
… de plus en plus sur les canots
Sur les canots de sauvetage, c’est un peu différent. Traditionnellement, les femmes ne montaient pas plus à bord d’un bateau de pêche que d’un sous-marin. « Le plus difficile pour une femme n’est pas de devenir présidente, mais d’être acceptée à bord comme canotière », indiquait, en 2016, Annette Pruvot, alors aux commandes de la station de Trébeurden - Île Grande (Côtes-d’Armor). Elle était fière de l’être et, évoquant son accueil à bord par ses coéquipiers, ajoutait : « Ils étaient adorables, mais il a fallu un certain temps avant que certains cessent de vouloir faire les nœuds à ma place. »
Aujourd’hui, elles sont à bord. Ce n’est pas encore la foule, mais elles s’installent. Certaines règlent, à leur manière, la question de la femme de marin attendant au bout du quai : elles embarquent aussi. Les couples de sauveteurs ne sont pas rares. L’arrivée des femmes accompagne l’autre évolution de la population des sauveteurs : moins de marins professionnels, plus de citoyens d’origines socioprofessionnelles multiples.
Certains métiers sont vraisemblablement surreprésentés. Une femme infirmière ou médecin à bord est une aubaine (au même titre que leurs équivalents masculins), surtout si tous les équipiers n’ont pas encore obtenu leur brevet de secourisme. Les statistiques de sorties des embarcations décortiquées par Yann Stephan – l’adjoint des inspecteurs généraux – confirment leur présence effective à bord avec une subtile nuance. Elles sont un peu plus souvent là pour les entraînements et les évacuations sanitaires, un peu moins pour les opérations de recherche et de sauvetage.
Les chiffres
La part des femmes est d’environ 20 % en moyenne rattachée à un station. Nettement plus rattaché à un CFI : 32 %. Dans les postes à responsabilité en 2025, on dénombrait 133 femmes bénévoles avec un mandat dont 14 présidentes de station, 2 directrices de CFI, 101 trésorières.
Stéphanie Cabioch, née à Roscoff dans le Finistère, a toujours baigné dans la culture maritime. L’un de ses collègue, également bénévole à la station SNSM de Portsall, lui répétait souvent « qu’un profil comme le mien pouvait être utile à l’association, se rappelle Stéphanie Cabioch. Il a insisté pendant un an : si je m’installais à Roscoff, je devais taper à la porte de la station. Alors, c’est ce que j’ai fait ! »
Céline Cabon ne monte pas sur les bateaux de sauvetage. Mais elle impulse un dynamisme impressionnant à la boutique locale, où elle vend des produits dérivés pour alimenter les caisses de la structure. « On dit que quand on met le doigt dans l’engrenage, le bras y passe vite en entier, s’amuse Céline. C’est tout à fait mon histoire, mais ça n’a rien eu de douloureux car il y a une très chouette ambiance dans l’équipe formée par tous les bénévoles. »
Retrouvez les témoignages de nos sauveteuses sur Canal 16 :
Saison 4 – Épisode 6 – Véronique :
Saison 4 – Épisode 4 – Nahia :
Saison 3 – Épisode 6 – Caroline & Grégory :
Saison 3 – Épisode 3 – Angèle :
Saison 2 – Épisode 4 – Angèle :
Saison 1 – Épisode 6 – Anke:
Saison 1 – Épisode 2 – Lolita & Virginie
Article rédigé par Jean-Claude Hazera