Découvrez notre NSC2, le semi-rigide qui a tout d’un grand
publié le6 February 2025
écrit parJean-baptiste Lindner
mis à jour le6 February 2025

Long de 8,80 mètres et doté d'une timonerie modulable, le "NSC2" est capable de missions jusqu’à 12 nautiques (environ 22 kilomètres) au large. Il est aussi transportable par voie terrestre sur une remorque. © DR
Le premier des nouveaux « petits » navires de sauvetage côtier de type 2 (NSC2) est désormais en service à la station de La Londe (Var). Ce semi-rigide à coque en aluminium peut rendre de grands services.
L’arrivée d’un nouveau navire de sauvetage dans une station est toujours un événement majeur. Quand ce bateau est, de plus, le premier d’une nouvelle série, c’est même un jour mémorable pour toute la SNSM. Le 7 avril 2024, à La Londe-les-Maures, la foule s’est pressée au baptême du SNS9–001 Le Gaou, pour découvrir le premier navire de sauvetage côtier de type 2 (NSC2) de la nouvelle flotte de la SNSM.
Les retours d’expérience des premiers utilisateurs de ce bateau (opérationnel en sauvetage depuis fin mars) sont d’autant plus attendus qu’on en espère beaucoup. Dès qu’ils l’ont reçu, le 23 février, après les trois jours de formation/prise en main organisés par le Chantier Naval Couach, les sauveteurs opérationnels de la station – et notamment les six patrons de sortie – ont multiplié les entraînements pour le maîtriser parfaitement. « C’est passionnant », s’enthousiasme Hervé Duchemin, président de la station. Passionnant, mais exigeant : trois à quatre sessions d’essais/entraînements de trois à quatre heures par semaine.
Un coût modéré
Sous les dimensions relativement modestes du NSC2 (pas tout à fait 9 mètres) se cache un vrai navire de sauvetage. Pour un coût plus modéré que les grands navires de sauvetage hauturiers, avec un équipage de trois à quatre sauveteurs, il peut faire beaucoup. Hervé Duchemin est aussi patron de sortie et a l’expérience de nombreux navires de sauvetage. « Avec celui-ci, confirme-t-il, je pense qu’on pourra assurer 80 % des missions demandées aux sauveteurs. »
Sous son allure sympathique de grand semi-rigide se trouve une structure en aluminium de petite vedette « augmentée » par des flotteurs gonflables, qui ajoutent de la stabilité et de la capacité d’emport et seront bien utiles pour aborder les navires ayant besoin d’assistance. « Cette structure rigide porte à l’avant, comme à l’arrière, de vrais gros « bitons » de remorquage qui permettront de tirer des bateaux jusqu’à 12 mètres », souligne Hervé Duchemin. Plus par grand beau temps.
Une timonerie protège l’équipage
Bien que Le Gaou ne mesure que 1,5 mètre de plus que le grand semi-rigide qu’il remplace, d’autres différences sont considérables. Même en Méditerranée, même quand les sauvetages ne sont pas trop longs (une à deux heures en moyenne, estime notre interlocuteur), à 20 ou 30 noeuds dans des vagues très rapprochées les unes des autres, on a vite fait de souffrir des embruns et du froid.
En route, l’équipage du NSC2 est désormais protégé dans une vraie petite timonerie, qui porte sur son toit une mâture dotée de nombreux équipements. Devant le pilote et le navigateur/radio/patron, le tableau de bord est enrichi : suivi complet des deux gros moteurs hors-bord, cartographie électronique intégrale, images vues par la caméra thermique capable de repérer un homme à la mer… Les échanges à la radio VHF, comme entre membres de l’équipage, sont partagés avec tout l’équipage grâce au système de communication présent sur les casques. Les sièges commando, sortes de selles, sont toujours là ; mais, sur ce nouveau bateau, ils sont montés sur amortisseurs pour sauvegarder les vertèbres quand le bateau tape dans les vagues.
Tout cela se paye sur le poids : 4 tonnes environ. « Cette masse est aussi un avantage en matière de confort et de sécurité, commente Hervé Duchemin. Le risque de retournement par le vent quand on saute une vague est diminué, le bateau vire bien à plat sans crainte d’éjecter quelqu’un. »
Alors, serait-ce le bateau sans défaut ? Malgré tout le travail de l’architecte – Frédéric Neuman –, malgré les essais constructeurs, ceux de la SNSM, il reste, comme souvent, quelques marges de progression. Elles portent, notamment, sur les grandes antennes VHF fouet au-dessus de la timonerie, que le pilote doit pouvoir rabattre quand le bateau est stocké sous hangar ou lorsqu’il doit se faufiler sous une passerelle pour rentrer au port, comme Le Gaou. La porte de bordé, précieuse pour les plongeurs ou les victimes qu’il faut remonter de l’eau, a encore du mal à se faire oublier à grande vitesse. Mais, globalement, Hervé Duchemin n’a aucun doute : « Énormes qualités, très bonne conception. C’est un bijou. »
Gaou
Le SNS9–001 Le Gaou doit son nom au dolmen de Gaoutabry, l’un des plus grands de Provence, situé sur la commune de Lalonde-les-Maures. En provençal, ce nom évoque l’abri sur le versant d’une colline.
Article rédigé par Jean-Claude Hazera.