Article Sauvetage

Dunkerque : une nouvelle rampe gonflable pour secourir de nombreuses personnes

publié le14 Octobre 2025

écrit parJean-baptiste Lindner

mis à jour le14 Octobre 2025

Un nageur de bord de la SNSM a rejoint les naufragés pour les aider à gagner la rampe gonflable déployée par les sauveteurs © Henry de l'Estourbeillon

Le 18 juin, au large de Dunkerque, les équipages du canot tous temps SNS 087 Jean Bart II et du semi-rigide SNS 7-035 Reuze ont été engagés dans une opération particulièrement difficile de sauvetage de masse, impliquant plus de 70 personnes. À cette occasion, ils ont pu déployer en conditions réelles une nouvelle rampe gonflable prévue pour ces situations.

Mer plate, vent léger. La météo de la nuit du 17 au 18 juin 2025 est ce qu’on appelle un « temps de migrants » parmi les béné­voles de la station SNSM de Dunkerque. C’est souvent dans ces condi­tions que des centaines de personnes qui survivent dans des camps de fortune tentent la traver­sée du détroit du Pas-de Calais. À bord de bateaux gonflables de piètre qualité, elles veulent rejoindre l’An­gle­terre, où la plupart sont éligibles au droit d’asile. 

Cela fait sept ans que les béné­voles des stations du Nord et du Pas-de-Calais sont mobi­li­sés lors de ces dange­reuses traver­sées, portant à plusieurs milliers le nombre de personnes en danger de mort secou­rues. Au fil de ces inter­ven­tions d’un genre nouveau, des tech­niques de récu­pé­ra­tion ont été mises en place, des compé­tences acquises, des exer­cices Novi­mar (nombreuses victimes mari­times) orga­ni­sés. 

C’est au cours de l’un de ces entraî­ne­ments, le 26 juin 2024, que l’équi­page du SNS 087 Jean Bart II a testé, pour la première fois, la rampe gonflable Survi­tec. Ce proto­type a été commandé par la SNSM à l’en­tre­prise anglaise Crew­sa­ver, spécia­li­sée dans le maté­riel de survie, qui travaille aussi avec les sauve­teurs en mer britan­niques et néer­lan­dais. Le gonflage peut se faire en urgence avec une cartouche de CO2 inté­grée, ou bien à la pompe à main. Dans ce deuxième cas, la rampe est opéra­tion­nelle en moins de cinq minutes. Longue d’en­vi­ron 3 mètres pour 1 de large, elle est compo­sée de deux boudins laté­raux et de boudins trans­ver­saux qui assurent sa flot­ta­bi­lité et sa rigi­dité. Entre les deux boudins, une toile est équi­pée de sangles, qui permettent aux naufra­gés valides de s’ac­cro­cher et de se hisser à bord par eux-mêmes. Une aide précieuse pour les Sauve­teurs en Mer. 

Un bébé de 14 mois parmi les naufra­gés

Grâce à de nombreux tests, les béné­voles ont acquis la maîtrise de ce nouvel équi­pe­ment. Jusqu’à ce qu’ils soient amenés à l’uti­li­ser en condi­tions réelles, le 18 juin dernier. La situa­tion et les moyens enga­gés sont ceux imagi­nés en exer­cice : des dizaines de personnes sont à la mer. Elles sont secou­rues par l’hé­li­co­ptère Dauphin de la Marine natio­nale Guepard Whis­key et les semi-rigides du navire Ridens, affrété par l’État, handi­capé par son tirant d’eau. 

L’équi­page du Jean Bart II a préparé la rampe pendant qu’il fait route le long de la plage de Malo-les-Bains. « L’équi­page la met à l’eau et récu­père rapi­de­ment 49 naufra­gés, qui sont accueillis à bord, dont treize trans­fé­rés par le Reuze, notre semi- rigide, qui a égale­ment recueilli six naufra­gés », décrit Emma­nuel Pelle­tier, patron du Jean Bart II ce jour-là. 

L’équi­page, qui comprend un méde­cin et des secou­ristes quali­fiés, prodigue les premiers soins : prise en charge physique, mais égale­ment psycho­lo­gique d’hommes, de femmes et d’en­fants, dont un bébé de 14 mois, tous choqués et en hypo­ther­mie. Il y a un blessé avec hémor­ra­gie des membres infé­rieurs. Au retour, quatre personnes seront évacuées vers l’hô­pi­tal de Dunkerque. Au total, sur 78 personnes impliquées dans ce naufrage, 55 ont été sauvées d’une situa­tion drama­tique par les équi­pages SNSM de Dunkerque.
« Utili­sée pour la première fois en sauve­tage de masse réel, la rampe Survi­tec a indis­cu­ta­ble­ment contri­bué à l’ab­sence de décès lors cette opéra­tion », souligne Emma­nuel Pelle­tier. Ce jour-là, elle s’est trans­for­mée en rampe de salut pour une cinquan­taine de personnes. Elle est désor­mais opéra­tion­nelle à bord du Jean Bart II, prête à servir à nouveau, puisque les inter­ven­tions en faveur des personnes migrantes se multi­plient depuis la fin de l’an­née 2024.

Article rédigé par Vincent Guigueno

Équipage engagés

CANOT TOUS TEMPS SNS 087 JEAN BART II

Patron : Emma­nuel Pelle­tier
Second : Henry de l’Es­tour­beillon
Méca­ni­cien : Jean-Baptiste Letel­lier
Nageur de bord : Yannick Duriez
Équi­piers : Guillaume Barnabé, Charles Hudelo

SEMI-RIGIDE SNS 7-035 REUZE

Patron : Olivier Ever­rard
Nageurs de bord : Sébas­tien Carbon­nier, Ayme­ric de Brou­cker

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