Article Institutionnel

Edito. Gros temps sur les finances de la SNSM

publié le2 Avril 2025

écrit parJean-baptiste Lindner

mis à jour le2 Avril 2025

Emmanuel de Oliveira © DR

Cet édito a été publié dans le magazine Sauvetage n°171, distribué au mois de mars 2025.

Héri­tière de valeurs ances­trales, la SNSM fête en 2025 – année de la Mer – les 200 ans de la première station française de sauve­tage, à Boulogne-sur Mer, et, avec elle, les 200 ans du sauve­tage en mer en France. C’est l’oc­ca­sion pour nous de reve­nir sur nos fonda­men­taux et sur les prin­cipes de notre modèle béné­vole, aujour­d’hui menacé. 

Il s’agit d’abord de la soli­da­rité entre les marins, venue de la nuit des temps, à laquelle s’ajoutent le courage, le risque assumé et le dévoue­ment gratuit que l’on appelle à présent béné­vo­lat. Ces valeurs, couplées aux dons géné­reux du public et des entre­prises mécènes et au soutien des collec­ti­vi­tés locales et de l’État, forment notre modèle origi­nal de service public béné­vole. 

Alors qu’un vent mauvais souffle sur les finances des collec­ti­vi­tés terri­to­riales – régions et dépar­te­ments –, nombre d’entre elles nous préviennent aujour­d’hui qu’elles ne pour­ront plus parti­ci­per au finan­ce­ment de nos navires, comme elles le faisaient depuis des décen­nies. L’État, de son côté, semble reve­nir sur ses enga­ge­ments et s’ap­prê­ter à dimi­nuer son concours à notre mission de sauve­tage réga­lienne, actuel­le­ment assuré sous la forme d’une subven­tion annuelle et le revenu de taxes affec­tées. Nous sommes entrés dans le gros temps. 

Cette situa­tion remet en ques­tion le néces­saire renou­vel­le­ment de certains de nos navires de sauve­tage vieillis­sants et ébranle profon­dé­ment le moral des sauve­teurs béné­voles. Les moyens concer­nés sont à bout de souffle. Leurs pièces méca­niques, leurs moteurs, leurs struc­tures mêmes parfois, sont épui­sés par plus de 30 années à navi­guer vite et par mer forte pour sauver des vies et assis­ter des navires en diffi­culté. Les répa­ra­tions sont diffi­ciles, longues et coûteuses. Les pièces de rechange, anciennes, sont quelque­fois impos­sibles à trou­ver. Ici et là, les indis­po­ni­bi­li­tés des embar­ca­tions de sauve­tage se multi­plient de manière préoc­cu­pante.

Les navires neufs sont très coûteux et ont vu leurs prix s’en­vo­ler ces dernières années, doublant en sept ans. Nous ne voulons pour­tant faire ni compro­mis ni l’im­passe sur les moyens dédiés à la sécu­rité des sauve­teurs et des naufra­gés que nous secou­rons. Comme nous l’ex­pri­mons dans nos campagnes de commu­ni­ca­tion, sauver une vie n’a pas de prix, mais a un coût en navires, en forma­tion et en équi­pe­ments. Heureu­se­ment pour nous tous, nos sauve­teurs ne demandent ni rému­né­ra­tion ni compen­sa­tion.

Dans ce climat morose, la force et l’ave­nir de la SNSM reposent plei­ne­ment sur nos béné­voles, et, plus que jamais, sur les dons des personnes qui nous aiment et nous soutiennent. Chers dona­teurs, je vous exprime ici ma profonde grati­tude.

Emma­nuel de Oliveira
Président de la SNSM

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