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Laurent et Nicolas, soutiens locaux dans le domaine de la formation des Sauveteurs en Mer

publié le26 Novembre 2021

écrit parJean-baptiste Lindner

mis à jour le26 Novembre 2021

Nicolas Thiollent et Laurent Darteyron sont bénévoles depuis 20 ans à la SNSM, est désormais salariés soutiens locaux en formation © FCCY et DR

Véritable enjeu de l’association, la formation des sauveteurs, tout au long de leur engagement bénévole, est primordiale pour la SNSM. Portrait de Laurent Darteyron et Nicolas Thiollent, chargés du soutien local dans le domaine des formations.

« Nous avons souhaité mieux accom­pa­gner les béné­voles et réduire la distance entre le pôle natio­nal de forma­tion, le pôle de soutien de la flotte, et nos struc­tures locales. Dans le cadre de notre ambi­tieux plan de forma­tion 2021–2025, cela se traduit par le déploie­ment de sala­riés char­gés du soutien de proxi­mité, dans les domaines tech­niques et de la forma­tion. Situés à proxi­mité des struc­tures de sauve­tage, sur chaque façade mari­time, ils répondent à un besoin crois­sant et faci­litent l’ac­cès des béné­voles aux stages. Progres­si­ve­ment, et de façon expé­ri­men­tale sur trois zones dans un premier temps, la plupart des forma­tions seront orga­ni­sées loca­le­ment, et les struc­tures de sauve­tage auront à leur dispo­si­tion un système de soutien local, pour la main­te­nance de leurs moyens nautiques », explique Emma­nuel de Oliveira, président de la SNSM. 

Béné­voles à la SNSM durant une ving­taine d’an­nées, Laurent Dartey­ron et Nico­las Thiollent sont égale­ment deve­nus sala­riés depuis le mois de juin 2021, char­gés du soutien local en forma­tion, respec­ti­ve­ment dans les dépar­te­ments du Var et des Alpes-Mari­times, et dans le Calva­dos et la Seine-Mari­time. 

Racon­tez-nous vos parcours.

Nico­las Thiollent : Je suis béné­vole à la SNSM depuis vingt-deux ans. En 1999, j’ai inté­gré l’as­so­cia­tion en tant que nageur sauve­teur, affecté à la surveillance des plages. Dix ans plus tard, je suis devenu direc­teur adjoint du centre de forma­tion et d’in­ter­ven­tion de Rouen, puis chef de quart au centre régio­nal opéra­tion­nel de surveillance et de sauve­tage (CROSS) à Gris-Nez. J’or­ga­ni­sais les forma­tions et exer­cices sur diffé­rents types de moyens nautiques. En rela­tion avec le Pôle natio­nal de forma­tion des Sauve­teurs en Mer, j’ai parti­cipé à l’écri­ture du réfé­ren­tiel de quali­fi­ca­tion sur la recherche et le sauve­tage. Depuis 2018, je suis patron suppléant à la station SNSM de Saint-Valéry-en-Caux, en Seine-Mari­time. 

Nicolas Thiollent SNSM

Laurent Dartey­ron : J’ai été mili­taire jusqu’en 2020. Étudiant, au début des années 90, j’étais à la fois nageur sauve­teur et sauve­teur embarqué à Biscar­rosse. En 2017, je suis devenu nageur sauve­teur à la SNSM et j’ai travaillé deux saisons en Corse. Hors période esti­vale, je suis nageur de bord au sein de l’équi­page de la station SNSM d’Hyères. Rejoindre les effec­tifs en tant que sala­rié s’ins­crit dans la conti­nuité de mon enga­ge­ment béné­vole.

Laurent Darteyron © D. R.

En quoi consiste la fonc­tion de soutien local forma­tion ?

Laurent : En lien avec les prési­dents et patrons de stations, l’ins­pec­teur SNSM de la zone géogra­phique concer­née et les direc­teurs des centres de forma­tion, nous exami­nons les besoins des sauve­teurs en forma­tion, selon la quali­fi­ca­tion, l’ex­pé­rience et l’âge des équi­pages. Nous nous consa­crons en prio­rité aux forma­tions des forma­teurs et des équi­piers embarqués. Nous assu­rons le suivi des quali­fi­ca­tions des équi­pages et parti­ci­pons à l’éla­bo­ra­tion et à la program­ma­tion du plan natio­nal de forma­tion. 

Nico­las : Nous sommes ratta­chés à la direc­tion de la forma­tion des Sauve­teurs en Mer, basée à Saint-Nazaire, à qui nous rendons compte des actions sur notre zone géogra­phique. Nous sommes infor­més en temps réel des évolu­tions et pouvons adap­ter nos forma­tions. Préci­sons que nous dispo­sons des mêmes infor­ma­tions et procé­dures de travail sur toutes les façades mari­times, par souci de cohé­rence et d’uni­for­mi­sa­tion de nos tech­niques de sauve­tage.

Avez-vous ressenti une certaine appré­hen­sion à l’idée de passer de béné­vole à sala­rié ?

Laurent : La diffé­rence entre le statut de béné­vole et celui de sala­rié est que, main­te­nant, on peut se consa­crer plei­ne­ment à ce que l’on aime faire. On vit de notre passion. Avant, il nous fallait parta­ger cette mission passion­nante de béné­vo­lat avec un travail en paral­lèle. Je suis ravi que la SNSM se déve­loppe sur les forma­tions. Ce poste corres­pond plei­ne­ment à mes attentes, et j’ai été très bien accueilli par les béné­voles des stations de sauve­tage, qui m’at­ten­daient les bras ouverts.

Nico­las : Pour moi, cette créa­tion de poste s’ins­crit dans la conti­nuité de ce que je faisais déjà béné­vo­le­ment. Je vois notre métier comme celui d’un anima­teur d’un réseau de forma­teurs béné­voles. En deve­nant sala­rié, j’ap­pré­hen­dais un éven­tuel chan­ge­ment dans mes rela­tions avec les béné­voles, mais, fina­le­ment, je n’ai pas senti de diffé­rence.

Comment voyez-vous votre rôle ?

Nico­las : Du soutien et de l’ac­com­pa­gne­ment. Notre but est de conseiller et d’ap­por­ter des solu­tions aux béné­voles qui doivent struc­tu­rer leur programme de forma­tion. Nous aidons les forma­teurs béné­voles à orga­ni­ser ou orga­ni­sons nous-mêmes les forma­tions aux premiers secours, comme celle d’équi­pier de pont, d’équi­pier de conduite ou de navi­ga­tion, de sauve­teur nageur de bord de niveau 1 et de lutte contre l’in­cen­die.

Laurent : Nous pouvons aussi enca­drer des stages de forma­teurs de forma­teurs, si néces­saire. Comme l’a dit Nico­las, nous avons un rôle fédé­ra­teur auprès des forma­teurs béné­voles de notre zone. Nous sommes là pour eux et l’hu­main est au cœur de notre mission. 


Yann Deban, bénévole depuis 20 ans à la SNSM, est désormais salarié soutien local en formation © DR

Yann Deban, patron titu­laire de la station d’Ar­ca­chon, a rejoint l’équipe des soutiens locaux forma­tion le 1er octobre, pour la zone Gironde, Landes, Pyré­nées-Atlan­tiques. La rédac­tion n’a pas eu la possi­bi­lité de l’in­ter­vie­wer avant de rédi­ger ces lignes.


Article rédigé par Alexis Haton

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