Le Hellfest, terre de rencontres pour les bénévoles de la SNSM
publié le29 Septembre 2025
écrit parJean-baptiste Lindner
mis à jour le29 Septembre 2025

Les Sauveteurs en Mer prenant en charge une victime au sol lors du Hellfest 2025. © SECOURS MAG / Sylvain Ley
Plus de 280 000 visiteurs se sont rendus à l’édition 2025 du Hellfest, l’un des plus grands festivals musicaux de France. Quelque 150 Sauveteurs en Mer étaient chargés d’assurer le dispositif de premiers secours. L’occasion de se connaître pour ces bénévoles venus de toute la France.
Une guitare gigantesque marque l’entrée d’un festival endiablé. Le Hellfest, organisé à Clisson (Loire-Atlantique) depuis 2006, est l’un de plus grands événements musicaux de France. Durant quatre jours, 280 000 festivaliers balancent leurs têtes au son d’artistes mondialement connus, comme Muse ou Scorpions pour l’édition 2025. Cette année, en plus des flammes crachées sur scène, une période de canicule a donné fort à faire aux Sauveteurs en Mer chargés d’assurer les premiers secours pendant les quatre jours de concerts.
Six scènes ont investi 10 hectares de champs, à l’herbe jaunie par les fortes chaleurs. Plus loin, une mer de tentes de camping s’étale sur plus de 20 hectares. Les bénévoles doivent être présents partout afin que les festivaliers les trouvent facilement en cas d’urgence, de jour comme de nuit. Huit postes de secours, signalés par une immense sphère lumineuse marquée d’une croix rouge, sont placés à des endroits stratégiques. Les sauveteurs effectuent aussi de constantes patrouilles dans les allées.
Ce dispositif requiert une organisation minutieuse et la présence quotidienne de 150 secouristes. Certains reviennent édition après édition. « Je suis un passionné de hard-rock, mais surtout de la SNSM », s’enthousiasme Antoine Burnel, 23 ans, arrivé de Barfleur (Manche). C’est également une occasion unique de se rencontrer pour les bénévoles venus de dix centres de formation et d’intervention (CFI) et de nombreuses stations. « C’est le seul événement d’une telle ampleur dont la SNSM a la charge. Ça permet vraiment d’échanger entre équipes, d’apprendre ensemble. C’est très enrichissant », s’exclame Géraldine Chrétienne, 55 ans, présidente de la station de Jullouville (Manche).
Le campement des Sauveteurs
Au Hellfest, les sauveteurs sont répartis en équipes qui se relaient toutes les six heures. « Dans mon groupe, je ne connaissais que trois personnes, détaille Maël Petit, 24 ans, bénévole au CFI des Côtes-d’Armor, installée à la table dans le lieu de repos des sauveteurs. Mais c’est facile de créer des liens. On vient tous bénévolement, on partage les mêmes valeurs. »
Certains des 150 participants restent près d’une semaine sur place. Les Sauveteurs en Mer disposent donc d’un véritable campement, aménagé dans un gymnase aux murs blancs. D’un côté, le poste de secours principal où sont installés des médecins. De l’autre, séparées par des tentures noires, des rangées de lits de camp où essayent de se reposer les bénévoles fatigués. « J’ai dû dormir cinq heures en deux jours, confie un sauveteur venu de Rennes. On est tous un peu décalés et il y a du bruit. Mais, bon, on rattrapera notre sommeil plus tard, ce n’est pas grave ! »
Dans la cantine éphémère établie à l’extérieur, des voix résonnent. Assis autour de deux grandes tables, une assiette devant chacun, les sauveteurs discutent. « Tous les gens présents ici sont très bienveillants et accueillants », sourit l’Écossaise Sally Storey, du CFI d’Ille-et-Vilaine. Là, des nageurs sauveteurs parlent de l’endroit où ils seront en poste l’été prochain. Ici, des habitués se remémorent les événements marquants des précédents Hellfest auxquels ils ont pris part. « C’est un vrai moment convivial. J’ai retrouvé des gens rencontrés l’année dernière, on était contents de se revoir, souligne Géraldine Chrétienne. Après le festival, on garde souvent un lien par les réseaux sociaux et les groupes, on prend des nouvelles de temps en temps. »
Au plus près des concerts
Les basses font trembler le sol devant la scène principale. Les guitares hurlent et le public avec. Séparés de la foule par une barrière, les sauveteurs sont concentrés. Avec la chaleur, les festivaliers font parfois la queue devant le poste. « Dans de telles conditions, on se surveille aussi les uns les autres pour vérifier que tout va bien », explique la présidente de la station de Jullouville.
À l’extérieur, ils soignent les blessures légères, comme les entorses ou les ampoules. À l’intérieur, ils s’occupent des victimes plus graves. Pendant les moments de battement, ils profitent des concerts. « C’est la première fois que je fais le Hellfest, indique Matthias, du CFI de Lorient, ses longs cheveux bruns séparés par une raie au milieu. Quand j’ai appris que la SNSM gérait le dispositif, je me suis toute de suite inscrit. »
Un peu avant 23 heures, le clou de la soirée arrive. Le groupe britannique Muse entre sur scène. Pour les sauveteurs, cela signifie qu’il faut redoubler d’attention : les mouvements de foule peuvent être dangereux. Une équipe spéciale s’organise. Quinze sauveteurs se tiennent prêts entre le public et la scène, un bénévole coordonnant le dispositif à l’aide d’une radio. La foule compacte chante en cœur au rythme de Supermassive Black Hole.
Heureusement, aucun blessé grave n’est signalé. Le concert de Muse se termine et la foule se disperse. Les spectateurs, exténués, vont se reposer au camping. Mais pas les sauveteurs : une nouvelle équipe prend le relais dans les postes de secours positionnés au milieu des tentes. Un barbu au physique imposant se présente au milieu de la nuit. Son cou le fait souffrir après qu’un festivalier lui est tombé sur la tête. Suspicieux, les Sauveteurs en Mer appellent des médecins. Bon réflexe : les soignants craignent un traumatisme cervical et décident de l’évacuer vers l’hôpital le plus proche. « Il y a un véritable esprit d’équipe ici, insiste Maël Petit. Que ce soit au sein de la SNSM ou avec les autres services de secours. » Au total, les Sauveteurs en Mer auront pris en charge environ 3 000 personnes en quatre jours. Main dans la main.
Article rédigé par Clarisse Oudit-Dalençon