Article Sauvetage historique

Les grands naufrages dans l'Histoire

publié le24 Janvier 2024

écrit parJean-baptiste Lindner

mis à jour le24 Janvier 2024

Des sauveteurs tentent de rejoindre l’Amphitrite, trois-mâts britannique échoué en 1833 au large de Boulogne-sur-Mer, causant la mort de 133 personnes. © DR

Les naufrages de grande envergure sont heureusement rares, mais souvent dramatiques. Au fil du temps, certains événements tragiques ont marqué l'opinion publique et ont aussi permis de faire évoluer la réglementation. Retour sur quelques drames historiques.

Titanic © SNSM

Avril 1912, naufrage du Tita­­nic (1500 victimes)

Le trans­at­­lan­­tique, réputé indes­­truc­­tible, heurte un iceberg et coule lente­­ment (cloi­­sons étanches, mais pas assez hautes). S’en­­suit la conven­­tion inter­­­na­­tio­­nale SOLAS, Safety of Life at Sea, qui impose notam­­ment un nombre suffi­­sant d’em­­bar­­ca­­tions de sauve­­tage. Régu­­liè­­re­­ment perfec­­tion­­née, elle reste le texte de base.

Septembre 1934, incen­­die du Morro Castle (134 victimes)

Ce paque­­bot de 146 mètres de long prend feu alors qu’il rallie New York depuis La Havane, capi­­tale de Cuba. Détec­­tion et origine des flammes peu claires, lutte contre l’in­­cen­­die et évacua­­tion mal gérées par l’équi­­page. Cette catas­­trophe accé­­lère les réflexions sur cette cause majeure de sinistres : utili­­sa­­tion de maté­­riaux non combus­­tibles, détec­­teurs de fumée et sprink­­lers, comme à terre, désen­­fu­­mage et protec­­tion contre les fumées.

 

Morro Castle © SNSM
Herald of Free Enter­prise © SNSM

Mars 1987, chavi­­rage du Herald of Free Enter­­prise (193 victimes)

Le ferry chavire et coule à la sortie du port de Zeebrugge, en Belgique, avec plus de 450 personnes à bord. La porte d’ac­­cès des véhi­­cules est restée ouverte à l’avant ! L’Or­­ga­­ni­­sa­­tion mari­­time inter­­­na­­tio­­nale a pres­­crit, dès 1989, l’ins­­tal­­la­­tion, à bord de tous les navires à passa­­gers, de dispo­­si­­tifs permet­­tant de contrô­­ler la ferme­­ture et l’étan­­chéité des portes de char­­ge­­ment et a établi de nouvelles normes de stabi­­lité après avarie.

Septembre 1994, chavi­­rage de l’Esto­­nia (852 victimes)

Le ferry de 150 mètres de long chavire en mer Baltique par gros temps et coule. Il n’y a que 138 resca­­pés. L’ac­­ci­dent accé­­lère l’ap­­pli­­ca­­tion de régle­­men­­ta­­tions globales sur les ferrys à construire et en service, ainsi que sur les équi­­pe­­ments de sécu­­rité pour les passa­­gers, les exer­­cices, les inspec­­tions, etc.

l’Estonia © SNSM
Joola © SNSM

Septembre 2002, chavi­­rage du Joola (2 000 victimes)

Le ferry assu­­rant la liai­­son entre la Casa­­mance et Dakar  (Séné­­gal) a embarqué trois fois plus de personnes que prévu. De plus, la cargai­­son est mal amar­­rée. Il se retourne dans un grain tropi­­cal. À peine 60 personnes survivent.

Janvier 2012, naufrage du Costa Concor­­dia (32 victimes)

Déchi­­re­­ment sur les rochers, puis échoue­­ment du paque­­bot sur la petite île de Giglio, avec plus de 4 000 personnes à bord. Évacua­­tion chao­­tique. Le comman­­dant est condamné à seize ans de prison. À chaud, Yves Lagane, ancien préfet mari­­time et alors président de la SNSM, estime que l’on est passé à deux doigts d’une catas­­trophe bien plus consi­­dé­­rable grâce à l’échoue­­ment tout près du port.

Costa Concordia © SNSM
Fromveur © SNSM

Septembre 2013, échoue­­ment du From­­veur II (0 victime)

Le navire faisant la liai­­son entre Molène et Oues­­sant s’échoue dans le brouillard. Coup de chance, la marée a fini de descendre, le temps est maniable et l’ac­­ci­dent a lieu près du port. Les sauve­­teurs de Molène, d’Oues­­sant et de Cama­­ret-sur-Mer évacuent dans le calme 235 personnes en plusieurs rota­­tions, d’autres embar­­ca­­tions se char­­geant des 127 restantes. Un tel échoue­­ment aurait pu être drama­­tique dans d’autres condi­­tions.

Avril 2014, chavi­­rage du Sewol (304 victimes)

Le ferry relie Incheon à l’île de Jeju, en Corée du Sud. Surcharge, embar­­dée, chavi­­rage au ralenti. Le dispo­­si­­tif de sauve­­tage, rela­­ti­­ve­­ment rapide, n’ar­­rive à récu­­pé­­rer que 172 survi­­vants.

Sewol © SNSM

La newsletter snsm

Rester informé, c'est déjà s'engager