Article Sauvetage

Les sauveteurs du Havre ne chôment pas

publié le29 Septembre 2025

écrit parJean-baptiste Lindner

mis à jour le29 Septembre 2025

16 interventions ont été effectuées par les sauveteurs et sauveteuses de la SNSM du Havre au premier semestre 2025. Voici leur bilan élogieux.

Comme le montre ce graphique, si l’an­née a commencé douce­ment, elle a atteint un rythme élevé et constant à partir du mois d’avril.

16 missions ont été confiées par le CROSS, des plus variées allant des plus drama­tiques à la presque cocasse.

Voici quelques exemples pour illus­trer le contenu de ces inter­ven­tions.

Interventions 2025

Nous n’avons pas pris en compte dans ce résumé les sorties réali­sées pour disper­sions de cendres en mer, ni les nombreuses sorties d’en­traî­ne­ment.

Pour les inter­ven­tions de recherche ou de sauve­tage en mer, c’est le CROSS qui reçoit les infor­ma­tions d’alerte et qui défi­nit le cadre d’une opéra­tion. Une opéra­tion peut faire inter­ve­nir un ou plusieurs moyens selon la situa­tion (SNSM, navire à proxi­mité, gendar­me­rie, affaires mari­times, héli­co­ptère de la Sécu­rité Civile, …) L’en­ga­ge­ment de chacun des moyens est appelé une inter­ven­tion.

Il peut arri­ver que la SNSM soit mise en alerte mais que l’en­ga­ge­ment ait été annulé avant l’ap­pa­reillage car le problème a été résolu par un autre moyen entre-temps. Ces cas ne sont pas inté­grés dans le graphique ci-dessus. 

Il n’en reste pas moins que les béné­voles sauve­teurs ont été mis en action, quelques fois pendant leur sommeil. 

A d’autres reprises, l’ap­pa­reillage a lieu mais le sauve­tage a déjà été effec­tué par un autre moyen. Idem, ces inter­ven­tions ne sont pas comp­ta­bi­li­sées.

 

Deux cas inté­res­sants : les alertes suite à tirs de fusées de détresse : 

Le jeudi 6 février à 21h11, alerte donnée par le séma­phore du cap de la Hève qui a observé un tir d’une fusée de détresse. Infor­ma­tion confir­mée par deux navires en mer à proxi­mité.

La vedette de la SNSM du Havre se porte sur zone ainsi que la pilo­tine du Havre.

Après une heure de recherche dans la zone défi­nie par le CROSS, celui-ci conclut à une fausse alerte.

Les béné­voles de la SNSM remer­cient les plai­san­tins…

Le vendredi 20 juin à 22h00, alerte donnée par un témoin à terre qui a observé un tir de fusée rouge, le CROSS envoie un MayDay par radio.

Deux chalu­tiers confirment le tir de fusée, et deux autres chalu­tiers se déroutent sur zone.

La vedette SNSM du Havre appa­reille à 22h40.

L’hé­li­co­ptère de la Sécu­rité Civile “DRAGON 76” décolle à 22h55. 

Ces deux derniers moyens reçoivent les instruc­tions de recherche ci-joint, le cercle pour l’hé­lico, les passes paral­lèles pour la vedette SNSM.

A 23h53, le CODIS 76 reporte un tir pyro­tech­nique venant de la terre dans la zone concer­née, la fausse alerte est pronon­cée.

Coût de l’opé­ra­tion, Dragon, vedette, chalu­tiers : 

10 000 €. Ça fait cher la plai­san­te­rie…

Zones de recherche

Parmi les plus éprou­vantes pour les sauve­teurs, citons sans déve­lop­per, les deux inter­ven­tions de récu­pé­ra­tion en mer de personnes décé­dées.

Puis la longue liste de navires en panne qu’il a fallu remorquer.

Le 9 avril, alerte du CROSS pour un petit bateau de pêche qui demande de l’aide, bateau croché par le fond et filet pris dans l’hé­lice.

Le SR SNSM “L’ÉCLAT” engagé à 13h40 est sur zone à 14h11. Un sauve­teur SNSM monte à bord du bateau de pêche, rassure le requé­rant et le met en sécu­rité, passe une remorque et le navire en diffi­culté conduit le convoi au ponton.

L’un des sauve­teurs est aussi Plon­geur de Bord. Il plonge et réus­sit à libé­rer l’hé­lice de son filet.

Bravo les gars ! 

Remorquage

Le 12 avril, alerte à 1h14 (oui, oui, du matin !) pour un navire de pêche en avarie de propul­sion à l’ex­té­rieur des digues du port et déri­vant.

Appel à la SNSM du Havre à 1h14 , appa­reillage du SR “L’ÉCLAT” à 1h33.

Ce sont trois sauve­teurs qui s’y collent.

19 minutes pour appa­reiller, en pleine nuit… Superbe.

Là encore, remorquage et convoi en sécu­rité au port, fin d’in­ter­ven­tion à 2h52.

Une bois­son chaude, une douche et au lit.

Au secours d'un navire en difficulté la nuit

Et bien non, toujours le 12 avril, les trois mêmes sont de nouveau aler­tés à 6h47 pour secou­rir un bateau de plai­sance à moteur semi-rigide qui est en panne de batte­rie et qui dérive vers le large.

Entre-temps, le “requé­rant” signale une entrée d’eau dans le bateau !

Le temps d’em­barquer une moto pompe, le SR “L’ÉCLAT” appa­reille à 7h22.

A 8h04, “L’ÉCLAT” est au contact du navire en diffi­culté, les 2 occu­pants sont trans­bor­dés sur “L’ÉCLAT”. La situa­tion est rapi­de­ment maîtri­sée, la remorque en place et le convoi est à quai à 8h49.

La routine ?…

Trois autres navires à moteur seront secou­rus, panne de moteur ou avarie de propul­sion, respec­ti­ve­ment en avril, mai et juin.

Un inci­dent tech­nique : le 26 avril à 11h21, déclen­che­ment d’une balise de détresse en face de la plage du Havre.

La balise est rapi­de­ment iden­ti­fiée, il s’agit d’un voilier de 8 m de type J80.

Le SR de la SNSM du Havre SNS 7–030 “L’ÉCLAT” est sur zone pour assu­rer la sécu­rité de la régate Hydro’s Cup;  il est engagé. 

Après recherche, l’équi­page de “L’ÉCLAT” retrouve le voilier impliqué, il s’agit d’un déclen­che­ment intem­pes­tif de sa balise.

Fausse alerte, plus de peur que de mal.

Voilier J80

Les inci­dents n’ar­rivent pas qu’aux gros bateaux; le 4 mai à 11h09, message d’alerte par télé­phone mobile d’un déri­veur gonflable voile légère.

Le démâ­tage est confirmé par un témoin à terre, au large d’An­ti­fer, il y a un adulte et un enfant à bord, ils dérivent vers le large.

La pilo­tine du Havre se déroute sur zone, le SR SNS 7–030 “L’ÉCLAT” est engagé.

Le voilier proche du déri­veur se rend à proxi­mité et informe que les occu­pants vont bien.

La pilo­tine est la première au contact et récu­père les deux passa­gers et le déri­veur.

Le SR accom­pagne et aide à la mise en cale du maté­riel et des malheu­reux plai­san­ciers.

Belle soli­da­rité des gens de mer.

Mission de nuit le 8 mai, un message d’alerte à 3h32 d’un voilier de 12 m avec deux personnes à bord de natio­na­lité alle­mande; le bateau est en avarie de propul­sion à l’en­trée du port du Havre.

La SNSM est mise en alerte à 3h20, le SR SNS 7–030 “L’ÉCLAT” appa­reille à 3h40 ! En 20 mn, on passe du lit au SR.

L’un des sauve­teurs passe à bord du voilier, une remorque est instal­lée et le convoi fait route vers le port du Havre.

A la mise au ponton visi­teur, la remorque est aspi­rée par le propul­seur d’étrave du voilier. L’un des sauve­teurs est aussi Plon­geur de Bord et se met à l’eau et coupe un morceau de la remorque pour la désen­ga­ger.

Brrrr, il est 4h34… Vive­ment qu’on se couche !

Intervention 2025

Pour termi­ner ces récits, citons la mésa­ven­ture d’un plai­san­cier à voile.

Ce bateau neuf convoyé depuis Saint Malo vers le Havre par son proprié­taire et, crai­gnant une panne de carbu­rant, accoste à 2h00 du matin sans encombre au ponton visi­teurs.  Chance.

Le lende­main, départ du ponton visi­teur et panne carbu­rant immé­diate dans le port avec un risque d’échouage sur la digue. Pas de chance.

Par le plus grand des hasards, la vedette SNSM 161 PIERRE HUBY” partait en entraî­ne­ment et a immé­dia­te­ment porté secours. Chance.

Le pilote paniqué nous fait un malaise. Pas de chance.

L’une des sauve­teuses passe de la vedette au bateau en diffi­culté et prend la situa­tion en main; elle est aussi infir­mière et le pilote se réta­blit vite. Chance.

Épilogue : La vedette remorque le navire jusqu’à la pompe à essence, 150 m de trajet…

 

Lors d’une prochaine édition, nous ferons un autre résumé de l’ac­ti­vité du deuxième semestre.

Tous nos sauve­teurs sont, soit d’in­ter­ven­tion, soit d’as­treinte à tour de rôle, et tous s’en­traînent sérieu­se­ment tout au long de l’an­née. 

Bravo et merci.

                                                                                                                                                                                                      Desca

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