Les sauveteurs français et britanniques se coordonnent pour retrouver un skipper de 77 ans
publié le1 Juillet 2025
écrit parJean-baptiste Lindner
mis à jour le1 Juillet 2025

L’avion de reconnaissance "The Lion’s Pride", de l’association Channel Islands Air Search, basée à Guernesey a capturé le moment où les sauveteurs ont rejoint le voilier. © DR
Bénévoles de la SNSM, garde-côtes de l’île de Jersey et association de recherche de l’île de Guernesey ont travaillé de concert pour retrouver ce marin, dont la famille n’avait plus de nouvelles.
Vendredi 4 octobre 2024, vers 18 heures. Sans nouvelles depuis la veille, la famille d’un plaisancier de 77 ans parti seul sur un voilier contacte le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Corsen. La dernière position connue du Cormoran serait à 20 milles (36 kilomètres) de Roscoff, dans le Finistère. Le skipper de nationalité britannique ne répondant pas aux appels, la procédure est lancée et des messages sont envoyés aux navires situés dans la zone. Plusieurs moyens de secours sont envoyés sur place.
Les garde-côtes de Jersey annoncent que ce bateau est passé dans la journée par le port de Saint-Hélier, sur l’île anglo-normande. Les opérateurs du CROSS apprennent aussi que le dernier appel téléphonique du skipper a été donné vers 23 h 30. Pas de nouvelles depuis. Les éléments sont recoupés : sans aucun moyen de communication ou de localisation, il s’avère difficile de repérer le voilier !
Le lendemain matin, l’avion de reconnaissance The Lion’s Pride, de l’association Channel Islands Air Search, basée à Guernesey, décolle en direction de la zone présumée pour un vol de recherche. Dix minutes plus tard, son équipage signale un voilier en difficulté à 40 nautiques (72 kilomètres) à l’ouest du plateau des Sept Îles, qui se trouve au large de Ploumanac’h. Voiles rabantées1, il est visiblement en panne moteur. Le vent souffle modérément et provoque des vagues d’environ 2 mètres. Malmené par les conditions de mer, le voilier de 10 mètres tourne en rond. Un homme, immobile, est assis dans le cockpit.
8 heures d’opération
Toutefois, les différents appels par VHF et téléphone demeurent sans succès. Les sauveteurs suspectent une panne électrique. Peu après 9 heures, la station SNSM de Ploumanac’h annonce le départ d’une vedette de sauvetage. Il est demandé à l’équipage de l’avion de rester en visuel du voilier jusqu’à son arrivée sur zone.
Deux heures plus tard, la SNS 098 Président Toutain de la station de Ploumanac’h – qui avait entamé des recherches autour de l’archipel des Triagoz – atteint le voilier. Deux équipiers de la SNSM sont déposés à bord du voilier dans des conditions difficiles. Ils établissent un bilan de santé rassurant du skipper, dont l’identité est confirmée. L’avion, en limite de carburant, retourne à sa base.
Le voilier est alors remorqué durant cinq heures jusqu’au port de Trébeurden, où les pompiers de Perros-Guirec prennent en charge le skipper pour le transporter aux urgences de l’hôpital de Lannion.
« Une belle opération de secours à personne, qui aura duré plus de huit heures », commente Benoît Duchenet, président de la station de Ploumanac’h.
Nos sauveteurs sont formés et entraînés pour effectuer ce type de sauvetage. Grâce à votre soutien, vous les aidez à être présents la prochaine fois !
1 Se dit d’une voile rangée à l’aide de rabans, petits cordages servant à fixer un élément.
Équipage engagé
Canot Tous Temps SNS 089 Président Toutain
Patron : Clément Le Bozec
Sous-patron : Laurent Guérin
Nageur de bord : Arnaud Dubois
Équipiers : Erwan Le Buhan, José Garcia, Alexis Glorieux, Claude Le Druillennec, Léonard Le Merrer, Didier Le Moal
Treuilliste : Hervé Delepeleer
Article rédigé par Philippe Payen.