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Nouveaux moyens : « Un vrai sentiment de sécurité »

publié le6 February 2025

écrit parJean-baptiste Lindner

mis à jour le6 February 2025

Le "SNS 17-02" est le premier navire de sauvetage hauturier de série de la nouvelle flotte de la SNSM © Stéphane Lagoutte

Les bénévoles de Goury - La Hague (Manche) ont reçu, au mois de juin, le deuxième navire de sauvetage hauturier de type 1 (NSH1) de la nouvelle flotte de la SNSM. En un voyage sur le SNS 17-02 Mona Rigolet II, Yoann Sanson, son patron, a pris la mesure du bon technologique effectué depuis la précédente version.

Les Sauve­teurs en Mer remplacent peu à peu leurs bateaux vieillis­sants. Les nouveaux se font d’au­tant plus remarquer qu’ils ne ressemblent pas aux anciens. Ils font partie d’une nouvelle flotte, de concep­tion entiè­re­ment moder­ni­sée. Les plus grands – les canots tous temps – commencent à s’éclip­ser au profit des navires de sauve­tage hautu­riers de 17,50 mètres de long.

Ils sont desti­nés aux stations situées à des empla­ce­ments stra­té­giques, comme à Goury – La Hague (Manche), qui donne sur le raz Blan­chard. Dans ce passage sévit un courant qui peut atteindre 12 nœuds, plus que la vitesse de bien des bateaux. Par vent contre courant, la mer y est dantesque. Les béné­voles ont pris posses­sion, au mois de juin, du deuxième navire de sauve­tage hautu­rier de type 1 (NSH1) sorti de la chaîne de produc­tion du Chan­tier Naval Couach, à Gujan-Mestras (Gironde). Il relève le SNS 067 Mona Rigo­let, vieux de 35 ans.

Yoann Sanson, Sauve­teur en Mer depuis 25 ans, patron de la station depuis treize ans, pense avoir évolué sur à peu près tous les modèles de bateaux exis­tant chez les sauve­teurs. Il a parti­cipé aux discus­sions sur les nouveaux modèles avec la direc­tion tech­nique de la SNSM. Il a aussi essayé le premier NSH1 – celui de la station de L’Her­bau­dière, à Noir­mou­tier – et suivi toute la construc­tion du bateau de sa station. Et, pour­tant, il est épaté par le Mona Rigo­let II.

Avec d’autres membres de son équi­page, il a remonté le nouveau bateau depuis Arca­chon et fait le tour de la Bretagne. Un parcours de 480 milles (890 km) qui a mis l’en­gin à l’épreuve. « Je n’ai jamais vu un bateau au compor­te­ment aussi sain sous toutes les allures, assure-t-il. Nous avions 35 nœuds de vent et des vagues de 3,5 mètres. Le bateau était capable de tenir sa vitesse de croi­sière en opéra­tion, soit 20 à 22 nœuds. On a aussi un vrai senti­ment de sécu­rité quand on est sur les exté­rieurs du bateau.  »

Comme rempla­cer une voiture vieille de 35 ans

Le silence et l’ab­sence de vibra­tions ont impres­sionné le béné­vole, par rapport à la géné­ra­tion de canots en fin de vie. « Je prends toujours l’exemple de l’au­to­mo­bile. Si l’on compare des voitures d’il y a 35 ans à celles d’aujour­d’hui, c’est la même diffé­rence que pour les bateaux.  » Comme les sièges suspen­dus, qui main­te­nant ménagent les vertèbres. « On n’était même pas fati­gués à la fin du voyage, s’étonne encore Yoann Sanson. Si on doit inter­ve­nir un peu loin, on arri­vera plus frais. Ça compte quand il faut cher­cher une personne à l’eau ou si le sauve­tage est compliqué. »

Yoann Sanson, patron de la station de Goury-la-Hague devant son nouveau bateau
Yoann Sanson, patron de la station de Goury-la-Hague, a été impressionné par le bateau que sa station vient de recevoir. © Antoine Soubigou

Son équi­page, consti­tué de beau­coup de jeunes qui naviguent pour leur métier, n’est pas dérouté comme peuvent l’être, dans un premier temps, de plus anciens par l’élec­tro­nique du nouveau navire, avec beau­coup d’in­for­ma­tions regrou­pées sur un grand écran. Et ils ont tous décou­vert avec émer­veille­ment le poten­tiel de la caméra ther­mique dont leur bateau est équipé. « Elle voit même à travers le brouillard !  », s’ex­clame Yoann Sanson. Précieux pour retrou­ver un homme à la mer.

Bien sûr, il y aura de petites remarques. Yoann Sanson remplit un cahier de retours d’ex­pé­rience, qui permet­tront d’amé­lio­rer les prochains navires de la flotte SNSM. « Je suis allé voir le NSH1 numéro 6 sur la chaîne de fabri­ca­tion, j’ai encore repéré plein de petites amélio­ra­tions possibles  », assure le patron.

Mona Rigolet, histoire d’un nom

À la station de Goury – La Hague, le SNS 17–02 Mona Rigo­let II succède au SNS 067 Mona Rigo­let. Daniel Rigo­let, décédé récem­ment, était comman­dant de la marine marchande. Il est l’in­ven­teur des combi­nai­sons de survie désor­mais obli­ga­toires pour les marins profes­sion­nels. Ayant demandé l’aide de la station pour des essais dans des condi­tions musclées en 1974, il avait constaté que leur vieux bateau était bien pous­sif. En 1986, il avait financé un tiers du nouveau canot, « avec l’ar­gent du brevet de la combi­nai­son », indique Yoann Sanson. Et il avait demandé qu’on lui donne le nom de son épouse Mona, qui vit encore en Bretagne. Le patron de la station a envoyé à celle-ci un SMS durant le voyage de Gujan-Mestras à La Hague, quand le Mona Rigo­let II est passé à sa lati­tude.

Des retouches pour l’abri

La station de Goury – La Hague est célèbre pour son abri octo­go­nal, dans lequel on remonte le canot au sec par un chariot sur rails. Le bateau peut passer par deux rampes diffé­rentes en fonc­tion de l’état de la marée et de la mer. Le Mona Rigo­let II devra patien­ter quelques mois que soient réali­sés des travaux de modi­fi­ca­tion et de restau­ra­tion pour s’y mettre au chaud. En atten­dant, il sera mouillé face à Port Racine ou mis à l’abri à la base navale de Cher­bourg, selon la météo.

Article rédigé par Jean-Claude Hazera, avec Victo­ria Feugère.

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