Nouvelles énergies marines
publié le25 February 2025
écrit parJean-baptiste Lindner
mis à jour le25 February 2025

OceanQuest, turbine hydrolienne de 1 MW, a été mise à l'eau avec succès en 2019 sur le site d’essais EDF de Paimpol-Bréhat.
L’urgence climatique incite à investir dans les énergies renouvelables, notamment l’électricité produite en mer. Voici les dispositifs que vous pourriez bientôt croiser lors de vos sorties nautiques.
Produire de l’électricité en mer alors qu’on l’utilise à terre peut sembler paradoxal. Moins quand on pense que c’est une énergie secondaire, autrement dit générée à partir d’autres énergies, comme le déplacement d’une masse d’eau, le vent, la chaleur ou encore la lumière. On les trouve toutes à l’état naturel en mer, sous une forme plus ou moins diffuse. Reste à les concentrer afin d’atteindre la puissance nécessaire pour produire de l’électricité en quantité industrielle, qui, seule, peut justifier l’occupation du domaine maritime et les investissements engagés.
L’éolien, la plus connue
La plus commune de ces énergies est le vent, dont l’origine est liée à la mécanique céleste. Sous nos climats, il est assez régulier pour produire de l’électricité au moyen d’éoliennes. Et, en mer, leur rendement est réputé très supérieur à celui des turbines employées sur la terre ferme. Les vents y sont plus fréquents, plus forts et ils sont moins freinés sur la mer que sur la terre. Surtout, l’absence d’habitations autorise l’utilisation d’éoliennes plus hautes, avec des pales d’hélices plus longues, et donc plus puissantes qu’à terre, où elles pourraient provoquer des nuisances sonores. Le président de la République a ainsi annoncé, fin 2023, la multiplication des parcs éoliens en mer afin d’atteindre une capacité de production de 45 GW à l’horizon 2050, soit près de six fois la puissance cumulée des projets actuels.
Leur construction exige une concertation exemplaire avec les pêcheurs pour en réduire l’impact sur leurs activités. Les compromis auxquels on aboutit concernent essentiellement la localisation précise du parc et, à l’intérieur de ce dernier, l’orientation des rangées d’éoliennes pour gêner le moins possible le passage des bateaux entre les ports et les lieux de pêche.
Leur construction exige une concertation exemplaire avec les pêcheurs pour en réduire l’impact sur leurs activités. Les compromis auxquels on aboutit concernent essentiellement la localisation précise du parc et, à l’intérieur de ce dernier, l’orientation des rangées d’éoliennes pour gêner le moins possible le passage des bateaux entre les ports et les lieux de pêche.
Comment exploiter la force des vagues ?
Le vent ne sert pas qu’à faire tourner des éoliennes. En soufflant sur la mer, il provoque de la houle et des vagues. Une énergie puissante – telle une onde – si l’on considère l’importance des masses d’eau mises en mouvement. De plus, celles-ci peuvent parcourir de très grandes distances, si bien que, certains jours, la houle est présente malgré un vent nul.
Reste que capter cette énergie houlomotrice relève encore du défi. Pour produire de l’électricité, il faut transformer un mouvement alternatif en force aussi régulière que possible. Plusieurs techniques sont expérimentées. L’une repose sur l’utilisation des variations du niveau de l’eau dans un réservoir où subsiste une poche d’air. Celui-ci est comprimé lorsque la vague arrive et déclenche une turbine ; de même, lorsque la poche d’air reprend son volume initial quand la vague se retire.
Selon les projets, ces réservoirs flottent ou sont maintenus sous la surface. Il est souvent prévu qu’ils constituent des chaînes de plusieurs kilomètres de long pour produire une puissance électrique utile. Une autre technique consiste à construire des plans inclinés face à la mer. Les vagues montent dessus et retombent dans un réservoir. L’eau s’en écoule en actionnant une turbine avant de retourner à la mer. Une variante est basée sur des volets oscillants disposés sur le chemin des vagues. Leur mouvement fait fonctionner une turbine. Leurs promoteurs envisagent de les incorporer à des digues portuaires ou à des ouvrages de protection du littoral.
La marée, énergie d’hier… et de demain
La mécanique céleste n’agit pas que sur le climat et la météo. Les forces de gravitation du Soleil et de la Lune se traduisent aussi par des marées. En Bretagne, notamment, leur amplitude peut dépasser 10 mètres et elles pénètrent ainsi dans de nombreux estuaires et baies. Leur énergie a été utilisée des centaines d’années par des moulins à marée.
Cette technique a été perfectionnée par les ingénieurs d’Électricité de France (EDF) dans les années 1950 pour aboutir à la construction de l’usine marémotrice de la Rance, entre Saint-Malo et Dinard (Ille-et-Vilaine). Mise en service en 1966, elle est dotée de vingt-quatre groupes de production de type bulbe (ressemblant, de l’extérieur, à un sous-marin) de 10 MW chacun. Ils présentent la particularité de réunir en un seul bloc l’hélice qu’entraîne la marée et le générateur d’électricité. Des vannes géantes complètent le dispositif pour maintenir les conditions naturelles des marées à l’intérieur de l’estuaire et optimiser la production de l’ouvrage.
Il est peu probable que l’on puisse construire un tel barrage aujourd’hui, mais la technique est éprouvée et elle pourrait se développer sous une forme beaucoup moins agressive pour l’environnement : les hydroliennes. Posées sur le fond, elles reprennent le principe des bulbes et font d’énormes progrès. Une de ces machines a été reliée au réseau électrique de l’île d’Ouessant, d’autres sont prévues dans le raz Blanchard et près du golfe du Morbihan, où les courants de marée sont puissants.
L’intérêt de ce choix ? Un simple calendrier des horaires des marées permet de prévoir les heures de production des hydroliennes et leur rendement. Un atout pour l’équilibre du réseau électrique.
Il est encore trop tôt pour savoir en quoi ces installations et leur entretien concerneront les activités de la SNSM. Cependant, des armateurs de navires à passagers commençant à proposer des visites de parcs éoliens, il est certain que les sauveteurs devront se préparer à intervenir dans ces environnements « industriels », qui supposent aussi la présence d’équipes de maintenance. Même s’ils sont souvent loin de leurs zones d’intervention.
Articlé rédigé par Dominique Malécot.