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Refit des semi-rigides : rénover nos bateaux pour sauver plus de vies

publié le19 Décembre 2025

écrit parJean-baptiste Lindner

mis à jour le19 Décembre 2025

Les semi-rigides sont remis en état dans les ateliers de la SNSM © Stéphane Lagoutte

La SNSM a engagé un programme structuré de refit à mi-vie de ses semi-rigides afin de prolonger leur durée d’utilisation et de garantir des moyens d’intervention toujours fiables. Onze embarcations ont été entièrement rénovées en 2024, illustrant une démarche durable, exigeante et adaptée aux réalités du sauvetage en mer.

Pour sauver des vies et inter­ve­nir rapi­de­ment en tout sécu­rité, la SNSM s’ap­puie sur une flotte perfor­mante, entre­te­nue et constam­ment adap­tée aux exigences opéra­tion­nelles. En paral­lèle des nouvelles construc­tions, l’as­so­cia­tion a fait le choix stra­té­gique de moder­ni­ser ses embar­ca­tions exis­tantes, notam­ment ses semi-rigides, à travers un ambi­tieux programme de remise en état, ou refit, à mi-vie. 

Longs de 4 à 9 mètres, légers et agiles, les semi-rigides sont indis­pen­sables pour inter­ve­nir effi­ca­ce­ment, y compris dans des condi­tions diffi­ciles. La flotte de la SNSM en compte aujour­d’hui un peu plus de 200, tous âges et tailles confon­dus. Plutôt que d’ache­ter de nouveaux bateaux, la SNSM a choisi de les recon­di­tion­ner. 

Tous les semi-rigides ne sont pas auto­ma­tique­ment éligibles à un refit : une exper­tise tech­nique appro­fon­die est systé­ma­tique­ment menée en amont, plusieurs mois avant l’in­ter­ven­tion, afin d’éva­luer l’état du bateau, de chif­frer les travaux et de statuer sur la perti­nence de l’opé­ra­tion. Depuis mi-2024, 11 bateaux ont déjà béné­fi­cié d’un refit complet. Le dernier a été livré au mois de décembre à la station de Saint-Jean-de-Luz. 

Un refit inté­gral, bateau par bateau

Réali­sés en interne au pôle de soutien de la flotte à Saint-Malo et au pôle natio­nal de forma­tion de Saint-Nazaire, ces travaux permettent de doubler la durée de vie des embar­ca­tions. Elles sont rendues opéra­tion­nelles pour 8 à 10 années supplé­men­taires, sans compro­mis sur la sécu­rité des équi­pages. 

Un refit de semi-rigide est une opéra­tion lourde et minu­tieuse. Le navire est entiè­re­ment démonté : coque, flot­teur, moteurs, réser­voirs, console, siège… Dans la majeure partie des cas, la coque est en compo­site ou en alumi­nium. Elle est répa­rée si néces­saire, les circuits élec­triques sont remis en état, les éléments repeints, et le flot­teur véri­fié ou remplacé. Les moteurs font l’objet d’une atten­tion parti­cu­lière : ils peuvent être révi­sés ou rempla­cés en fonc­tion du nombre d’heures de navi­ga­tion, de l’âge du bateau, de son site d’ex­ploi­ta­tion et de la qualité de l’en­tre­tien assuré durant son affec­ta­tion en station ou en centre de forma­tion et d’in­ter­ven­tion (CFI).

Stan­dar­di­ser pour mieux inter­ve­nir

En paral­lèle, la SNSM a engagé un impor­tant travail de stan­dar­di­sa­tion de ses moyens nautiques. L’objec­tif est de faci­li­ter la forma­tion, l’en­tre­tien et la main­te­nance. Les semi-rigides recon­di­tion­nés sont ainsi équi­pés de systèmes harmo­ni­sés de navi­ga­tion (carto­gra­phie, AIS), de commu­ni­ca­tion (VHF) et de moto­ri­sa­tion, selon les modèles. 

Cette approche s’ap­puie sur l’ex­per­tise des tech­ni­ciens de la SNSM, dont beau­coup sont ou ont été opéra­tion­nels en station ou en CFI, et parti­cipent acti­ve­ment aux forma­tions locales et natio­nales. Une connais­sance du terrain essen­tielle pour conce­voir des bateaux réel­le­ment adap­tés aux réali­tés du sauve­tage. 

Avec 11 semi-rigides refi­tés sur 206, la SNSM inscrit ce programme dans le temps, au service d’un objec­tif inchangé : donner aux sauve­teurs des moyens fiables, durables et parfai­te­ment adap­tés pour conti­nuer à sauver des vies en mer. 

 

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