À Saint-Tropez, une vedette s'échoue devant une plage de rêve
publié le19 Décembre 2025
écrit parJean-baptiste Lindner
mis à jour le19 Décembre 2025

La vedette a été échouée hors de la zone de baignade, dans un secteur peu profonde afin qu’il soit plus facile de la renflouer © DR
Les nageurs sauveteurs de la SNSM chargés de la surveillance de la plage des Salins ont fait face à une situation délicate le 12 juillet. Après qu’une vedette a touché un haut-fond, ils ont dû faire en sorte qu’elle s’échoue sans danger dans ce lieu très fréquenté.
La plage des Salins est l’un des joyaux du golfe de Saint-Tropez (Var). Langue de sable blanc longue d’environ 500 mètres, elle est nichée au milieu d’une nature sauvage et préservée. Ses eaux sont parfois si claires qu’elles semblent disparaître. Un petit coin de paradis surtout connu des locaux et des habitués, qui se prélassent au soleil en ce samedi 12 juillet.
Trois nageurs sauveteurs de la SNSM surveillent les lieux durant la saison estivale afin d’assurer la sécurité des vacanciers. Ils sont particulièrement concentrés ce samedi : c’est le premier jour de la haute saison et la plage comme les eaux de la baie sont très fréquentées. Un peu avant 16 h 30, le sauveteur juché sur une chaise haute installée sur le sable alerte ses collègues par radio. Un plai sancier fait de grands signes depuis son bateau, au mouillage à une trentaine de mètres de la zone de baignade.
L’homme de 70 ans navigue avec cinq membres de sa famille sur une belle vedette de 13 mètres. Quelques minutes plus tôt, l’embarcation a percuté un rocher affleurant. Ce n’est qu’une fois à l’arrêt que son capitaine s’est aperçu que le choc avait provoqué une importante voie d’eau. Son navire coule lentement par la poupe.
Où échouer le bateau ?
Deux sauveteurs sautent dans leur semi-rigide, tandis que des plaisanciers se dirigent vers l’embarcation en détresse. L’un des bateaux la prend en remorque et la tracte avec précautions, ralentissant ainsi le naufrage. « Cela nous a laissé le temps de nous assurer que tous les passagers étaient en sécurité sur d’autres navires », indique Paul Lusseau, le chef de secteur, qui rempilait pour la quatrième année dans le Var.
Mais la vedette coule inexorablement. Le canot tous temps SNS 004 Bailli de Suffren III de la station de sauvetage locale, qui transporte une moto pompe permettant d’étaler une voie d’eau, ne sera pas là à temps. « Il a alors fallu prendre une décision, se souvient le sauveteur de 25 ans. Où devions-nous échouer le bateau ? » Il décide de l’envoyer à l’écart de la zone de baignade et dans un secteur peu profond afin de faciliter son renflouement ultérieur. Sur la plage, les vacanciers ont tous les yeux rivés sur la scène. Les sauveteurs demandent aux spectateurs de ne pas s’approcher afin d’éviter les accidents. Moins d’une heure après le début de l’intervention, la vedette se pose lentement sur le fond sableux. Sa proue dépasse encore largement de l’eau. Elle sera dégagée une semaine plus tard, sans qu’aucune pollution ne soit repérée.
« C’était vraiment une situation inédite, résume Paul Lusseau. Il a fallu garder notre sang-froid et faire preuve de logique pour prendre les bonnes décisions. Heureusement, les choses se sont très bien passées. »
Nos sauveteurs sont formés et entraînés pour effectuer ce type de sauvetage. Grâce à votre soutien, vous les aidez à être présents la prochaine fois !
Article rédigé par Nicolas Sivan
Sauveteurs engagés
Chef de poste : Paul Lusseau
Nageurs sauveteurs : Martin Le Bihan, Timothé Le Mao