Article Sauvetage

Un homme chute de 500 mètres dans son 4x4 lors d’un trail

publié le11 Août 2025

écrit parJean-baptiste Lindner

mis à jour le11 Août 2025

Les bénévoles du CFI Cotes-Basques - Landes surveillent le trail à Iholdy © SNSM Cotes-Basques

Un grave accident s’est produit durant un événement sportif organisé à Iholdy, au Pays basque. Le véhicule dans lequel se trouvait un bénévole de l’organisation a fait une chute vertigineuse.

Une course dans la boue avec d’im­por­tants déni­ve­lés et une visi­bi­lité plus que réduite. C’est ce qui atten­dait les 450 parti­ci­pants d’un trail cari­ta­tif orga­nisé à Iholdy (Pyré­nées-Atlan­tiques) le dimanche 13 avril. Une dizaine de sauve­teurs du Centre de forma­tions et d’in­ter­ven­tions (CFI) Côte Basque assu­raient le dispo­si­tif prévi­sion­nel de secours des deux épreuves de 12 ou 18 km sur les pentes abruptes des Pyré­nées.

Huit heures du matin, les montagnes sont empri­son­nées dans la brume. Les secou­ristes véri­fient les bali­sages pour sécu­ri­ser les chemins rocheux ou boueux. Une heure plus tard, les premiers coureurs s’élancent. « On a une très mauvaise visi­bi­lité, le brouillard réduit notre champ de vision à seule­ment 20 mètres », décrit Magda­lena Salla­berry, direc­trice du CFI. 

Une fois tous les parti­ci­pants partis, les deux 4×4 des Sauve­teurs en Mer s’ins­tallent aux deux plus haut point du parcours, où l’ef­fort physique est maxi­mal pour les spor­tifs.  « La course se passe sans soucis, tout est très bien enca­dré  », indique Sébas­tien Gibou­deaux, sauve­teur en charge de la coor­di­na­tion de la sécu­rité.

Un appel depuis une posi­tion incon­nue

Vers midi, Chris­tophe, un béné­vole de l’or­ga­ni­sa­tion, décide d’em­por­ter le stock de nour­ri­ture et de bois­sons restant au premier point de ravi­taille­ment pour le dépo­ser à un point plus avancé de la course. Quelque temps après, le télé­phone de l’or­ga­ni­sa­trice, présente au poste de secours à la fin du parcours, sonne. Au bout du fil, Chris­tophe, inca­pable de savoir où il est, alors qu’il est natif du village, précise Sébas­tien Gibou­deaux. La seule infor­ma­tion qu’il peut donner, c’est qu’il est à côté de sa voiture, sur le dos, et qu’il a très mal.

Le brouillard s’est épaissi. Sans infor­ma­tions supplé­men­taires, les sauve­teurs partent à sa recherche en emprun­tant le parcours du trail. Heureu­se­ment, Chris­tophe parvient à acti­ver la posi­tion GPS de son télé­phone. Cela permet aux secou­ristes d’avoir une meilleure idée de sa posi­tion au milieu de l’en­che­vê­tre­ment de fougères, d’arbres et des pans rocheux. «  J’avais appris le massif par cœur, donc j’ai pu mener l’équipe de secours à lui rapi­de­ment », indique Sébas­tien Gibou­deaux. 

« Un vrai mira­culé » 

Sur le chemin, le 4×4 des sauve­teurs s’em­bourbe, les obli­geant à conti­nuer à pied, très char­gés. « On a tout le maté­riel sur nous, parce qu’on ne sait pas dans quel état il est », souligne Sébas­tien Gibou­deaux. Pressé par le temps, les sauve­teurs courent pendant plus d’un kilo­mètre. Soudain, ils aperçoivent une trace de frei­nage dans la boue. Ils descendent en contre­bas de la piste. « Ça glisse, on tombe dans la pente, décrit le béné­vole. Je suis le premier à l’at­teindre, après près d’une heure de recherches. À côté de lui, son 4×4 est sur le toit dans un champ.  »

Le 4×4 est sur le dos après avoir dévalé la falaise pendant 50 mètres © SNSM Cotes-Basques

Son véhi­cule a fait une chute verti­gi­neuse de près de 500 mètres, avant de faire des tonneaux à flanc de montagne pendant près de 50 mètres. « Chris­tophe est sorti de lui-même par un trou de souris, mais sur le moment il ne s’en rappelle pas. Il ne se souvient de rien  », raconte Sébas­tien Gibou­deaux.

 Les sauve­teurs l’aus­cultent et réalisent un premier bilan neuro­lo­gique. « Il est assez calme, sa première réac­tion c’est de s’ex­cu­ser pour le maté­riel, c’est quelqu’un d’une grande humi­lité, pour­suit Sébas­tien. Il souffre beau­coup, à cause d’une vertèbre fêlée et a des plaies saignantes, mais super­fi­cielles. Pour le reste, c’est un vrai mira­culé compte tenu de la chute qu’il a faite. » 

Évacua­tion par héli­co­ptère 

Malgré la boue et la pente, les sauve­teurs ne doivent pas bouger Chris­tophe sous peine d’ag­gra­ver ses bles­sures. Ils attendent l’hé­li­co­ptère du pelo­ton de Gendar­me­rie de haute montage, qui est en route. « On a bien commu­niqué dans le calme et chacun a trouvé sa place, indique le sauve­teur. C’est un acci­dent de la route, on n’a vrai­ment pas l’ha­bi­tude de faire ça. C’est tota­le­ment inédit. »

Vers 13 h 20, l’hé­li­co­ptère arrive. «  On aide les gendarmes pour treuiller la victime, c’est à la fois désta­bi­li­sant et très enri­chis­sant du point de vue profes­sion­nel », ajoute Sébas­tien Gibou­deaux. 

Chris­tophe est trans­porté à l’hô­pi­tal de Bayonne, où il est soigné. «  Il va bien mieux aujour­d’hui, il est venu nous remer­cier et s’est rendu compte de la chance qu’il avait eue, conclut Magda­lena Salla­berry. C’était une inter­ven­tion tota­le­ment hors du commun. »

Nos sauve­­­­­­­­­­­­­teurs sont formés et entraî­­­­­­­­­­­­­nés pour effec­­­­­­­­­­­­­tuer ces inter­ven­tions de secou­ris­me­­­. Grâce à votre soutien, vous les aidez à être présents la prochaine fois !

Article rédigé par Clarisse Oudit-Dalençon

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