Un voilier chavire près d'un exercice des Sauveteurs en Mer
publié le19 Janvier 2026
écrit parChloé ORER
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mis à jour le20 Janvier 2026

Un voilier chavire avec trois personnes à son bord © DR
En septembre, trois hommes ont chaviré au large du Cotentin. Les bénévoles de quatre stations étaient, heureusement, en exercice dans les environs, ce qui leur a permis d’intervenir rapidement.
Heureuse coïncidence. Le 20 septembre, en début d’après-midi, sur la côte ouest de la Manche, les bénévoles de quatre stations se préparent à un exercice commun. En ce jour de grande marée d’équinoxe, les équipages de Hauteville-sur-Mer, d’Agon- Coutainville, de Gouville-sur-Mer et Blainville-sur-Mer ont enfilé leurs combinaisons. Chacun fait rouler le tracteur qui amène leur canot à la mer.
Le semi-rigide SNS 643 Croix du Sud, de la station de Hauteville-sur Mer (Manche), est encore juché sur sa remorque lorsque sa VHF se met à grésiller : les occupants d’un voilier, le Cara OK, viennent d’alerter les secours après avoir chaviré. Trois générations sont à l’eau : le grand-père, le père et le fils. Le petit bateau est accompagné du Pain d’épice, un autre dériveur de 4 mètres, qui tente de récupérer les naufragés, en vain.
Les bénévoles de Hauteville mettent leur semi-rigide à l’eau et filent vers les lieux de l’accident. Déjà en mer, la vedette SNS 446 Notre-Dame de Gonneville, de la station de Blainville-sur-Mer, décide également de s’y rendre, bientôt rejointe par celle de Hauteville, qui file à vive allure près des bouchots des conchyliculteurs. La mer est bien formée, le vent souffle à 30 nœuds, avec des rafales à 38 nœuds. Le renfort de la SNS 449 Sénéquet, en cours d’appareillage à Gouville-sur-Mer, semble bienvenu. Il faut tirer les naufragés de l’eau au plus vite.
Tremblant et sous le choc
En approchant du large du havre de la Vanlée, la houle d’ouest croise la mer poussée par le vent de sud, contraignant les moyens de secours à ralentir. Les vagues grossissent rapidement et atteignent en moyenne deux bons mètres. La navigation y devient physique, sans répit entre les crêtes. Des conditions assez musclées pour le semi-rigide, à la limite de ses capacités.
Quand les Sauveteurs en Mer arrivent sur zone, environ une demi-heure après la chute à la mer des plaisanciers, le Pain d’épice a, heureusement, réussi à récupérer les trois naufragés. La vedette de Blainville ne peut approcher le dériveur, qui fait route vers la côte, car les creux sont trop importants. C’est le SNS 643, de Hauteville, très manœuvrable, qui vient au contact. Il réussit à transborder le chef de bord du Cara OK. Tremblant, encore sous le choc, sans gilet de sauvetage, il explique que son voilier a perdu son safran entre les îles Chausey et Granville, puis a chaviré, toutes voiles dehors.
Le Pain d’épice fait route vers la plage, escorté par les sauveteurs, qui ont demandé le ralliement d’une ambulance. Le voilier beache (du verbe beacher, c’est-à-dire, mettre un bateau pneumatique à terre sur une plage) sur la plage de Saint-Martin-de-Bréhal, et les secouristes viennent à la rencontre des naufragés. Ils prennent en charge le grand-père, vêtu d’un simple gilet d’aide à la flottaison, épuisé, en hypothermie et en hypoxie.
Quant au Cara OK, les bénévoles de Blainville et de Gouville se chargent de le remettre à flot, puis de le remorquer vers la côte.
Article rédigé par Étienne Devailly
Équipage engagé
Semi-rigide – SNS 643 Croix du Sud
Patron : Diégo Douville
Équipiers : Guillaume Clairel, Matthieu Lechêne, Guillaume Lenoir