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L'évolution de la SNSM

Le plan de développement « Cap 2030 »

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Le plan de moder­ni­sa­tion « Cap 2030 » touche aux ques­tions opéra­tion­nelles, au soutien tech­nique et à la forma­tion comme à l’or­ga­ni­sa­tion de la prise de déci­sions. L’am­bi­tion est de prépa­rer la SNSM pour les années à venir.

Prépa­rer le futur de la SNSM

Des défis à relever pour faire perdurer le modèle bénévole de sauvetage en mer

Les stations de sauve­tage de la SNSM sont nées au XIXe siècle de la seule volonté de béné­voles qui rési­daient sur les côtes du litto­ral. Histo­rique­ment compo­sée en grande part de sauve­teurs souvent retrai­tés, issus des profes­sions mari­times et portant secours prin­ci­pa­le­ment aux pêcheurs en diffi­culté en mer, la SNSM voit aujour­d’hui s’en­ga­ger des béné­voles plus jeunes, majo­ri­tai­re­ment actifs et prove­nant de tous les hori­zons socio-profes­sion­nels. Les béné­fi­ciaires de leurs actions sont essen­tiel­le­ment des plai­san­ciers et pratiquants d’ac­ti­vi­tés nautiques, et des esti­vants qui, par millions, fréquentent chaque été le litto­ral et les plages, sous la surveillance de nos nageurs sauve­teurs. Cette évolu­tion requiert de savoir répondre à des enjeux nombreux : moder­ni­sa­tion et renou­vel­le­ment de la flotte de sauve­tage, forma­tion des sauve­teurs, progres­sion des équi­pe­ments de sécu­rité, renfor­ce­ment de l’accom­pa­gne­ment des services centraux.

Il a fallu, dans un premier temps, trou­ver les ressources finan­cières garan­tis­sant la péren­nité de l’en­ga­ge­ment des béné­voles de la SNSM, et préser­ver son effi­ca­cité comme son effi­cience. Après une phase de dialogue de plusieurs années, l’État – premier respon­sable du sauve­tage – a porté sa contri­bu­tion annuelle à 10,5 millions d’eu­ros et prévu d’af­fec­ter à la SNSM 5 % de la future taxe sur les éoliennes en mer.

L’ins­ti­tu­tion des Jour­nées natio­nales des Sauve­teurs en Mer, l’at­tri­bu­tion du label Grande cause natio­nale 2017 au sauve­tage en mer et l’am­pli­fi­ca­tion de nos inves­tis­se­ments en commu­ni­ca­tion et déve­lop­pe­ment ont permis d’étendre la noto­riété de l’as­so­cia­tion de façon signi­fi­ca­tive, de tripler le nombre de dona­teurs parti­cu­liers et d’ini­tier de nouveaux parte­na­riats avec des entre­prises mécènes. À la fin de l’an­née 2019, la SNSM comp­tait ainsi plus de 150 000 dona­teurs et avait collecté plus de 24 millions d’eu­ros auprès du public et des entre­prises.

Cet accrois­se­ment des ressources publiques et privées a offert les moyens de prépa­rer les étapes indis­pen­sables à l’in­ten­si­fi­ca­tion du soutien des béné­voles, dont le temps dispo­nible est de plus en plus contraint, chacun souhai­tant légi­ti­me­ment préser­ver le meilleur équi­libre entre vie profes­sion­nelle, vie fami­liale et enga­ge­ment asso­cia­tif.

Les sauve­teurs sont désor­mais dotés d’équi­pe­ments indi­vi­duels de sécu­rité modernes et perfor­mants, adap­tés aux spéci­fi­ci­tés de nos acti­vi­tés.

Amélio­rer le soutien de la flotte

Une nouvelle flotte de sauve­tage a vu le jour en 2021, avec la mise à l’eau des premières têtes de série d’une gamme de six bateaux qui répond à nos exigences de sécu­rité et d’ef­fi­ca­cité. Dans les prochaines années, ce sont ainsi près de 100 millions d’eu­ros qui devront être inves­tis grâce à l’aide des dona­teurs parti­cu­liers, des entre­prises et des collec­ti­vi­tés terri­to­riales.

Les constructions neuves et un nouvel atelier de répa­ra­tion – le Pôle de soutien de la flotte (PSF) –, inau­guré à Saint-Malo en 2018, ont été l’oc­ca­sion de repen­ser le modèle de soutien, avec la mise en place d’un système de suivi infor­ma­tisé par lequel les sauve­teurs disposent de l’en­semble des docu­men­ta­tions tech­niques et régle­men­taires de leurs navires, gèrent leurs plans de main­te­nance, commandent des pièces de rechange au PSF – dont le maga­sin ne cesse d’ac­croître son acti­vité – et suivent les pannes et inci­dents touchant de mêmes modèles de navires, pour les retours d’ex­pé­rience et les évolu­tions néces­saires de maté­riels.

Former les sauve­teurs, un enjeu stra­té­gique

Depuis toujours, la forma­tion des sauve­teurs se déroule dans les stations de sauve­tage, par compa­gnon­nage des nouveaux par les anciens. Si le compa­gnon­nage est – et restera – la pierre angu­laire de la forma­tion des sauve­teurs, il tend à montrer ses limites dans un envi­ron­ne­ment toujours plus exigeant, plus judi­cia­risé, a fortiori dans d’un contexte où les trois-quarts des sauve­teurs proviennent de profes­sions autres que mari­times.

La créa­tion d’une Direc­tion natio­nale de la forma­tion (DNF), en 2009, a posé les bases de parcours de forma­tion struc­tu­rés. En quelques années, la DNF s’est étof­fée pour inté­grer la forma­tion des patrons d’équi­page, des forma­teurs, des plon­geurs auto­nomes, des pilotes d’em­bar­ca­tions rapides, des nageurs sauve­teurs affec­tés sur des plages à forts courants et fortes vagues, etc. Des réfé­ren­tiels de forma­tion de niveau très profes­sion­nel ont été mis au point par des groupes de travail majo­ri­tai­re­ment compo­sés de sauve­teurs et de forma­teurs béné­voles expé­ri­men­tés. Un module de forma­tion de base des équi­piers embarqués, complé­ment essen­tiel au compa­gnon­nage, commence à être déployé au plus près des stations de sauve­tage.

Collé­gia­lité et démo­cra­tie

Ces évolu­tions-clés ont eu pour consé­quence l’aug­men­ta­tion du nombre et de l’in­ci­dence des déci­sions prises par les organes centraux – conseil d’ad­mi­nis­tra­tion et siège pari­sien. Mais la SNSM est une asso­cia­tion, pas une entre­prise. Les membres béné­voles qui siègent en assem­blée géné­rale en sont les seuls « action­naires ».

Le drame du 7 juin 2019, aux Sables d’Olonne, qui a vu périr en mer trois sauve­teurs béné­voles, a provoqué une émotion consi­dé­rable. Le Président de la Répu­blique a rendu un hommage natio­nal aux sauve­teurs dispa­rus et resca­pés, le Gouver­ne­ment s’est atta­ché à accen­tuer son accom­pa­gne­ment, le Sénat a mis en place une mission d’in­for­ma­tion.

Consul­tés par le président Emma­nuel de Oliveira, les béné­voles ont large­ment approuvé les prin­ci­pales orien­ta­tions qui seront discu­tées en assem­blée géné­rale et mises en œuvre pour les dix années à venir. Ils ont redit de façon claire leur atta­che­ment à l’as­so­cia­tion natio­nale SNSM, personne morale une et indi­vi­sible. Ils ont, en revanche, souli­gné l’im­por­tance d’un élar­gis­se­ment signi­fi­ca­tif de la base des membres appe­lés à voter en assem­blée géné­rale – quand seuls les prési­dents des stations et direc­teurs des centres de forma­tion le peuvent aujour­d’hui – et d’une plus grande collé­gia­lité dans la prépa­ra­tion des déci­sions prises par le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion, au sein duquel ils souhaitent une meilleure repré­sen­ta­ti­vité des béné­voles issus des struc­tures locales, au-delà donc de la moitié des membres du conseil, comme c’est le cas actuel­le­ment.

Les sauve­teurs aspirent à une meilleure recon­nais­sance de leurs actions, de leurs compé­tences et quali­fi­ca­tions, par la SNSM elle-même, par l’État et par le grand public. Ils demandent un soutien accru en forma­tion, au plus près de leurs implan­ta­tions locales, pour leur permettre d’exer­cer leurs missions en confiance, et un renfor­ce­ment de l’ap­pui tech­nique, parti­cu­liè­re­ment dans le contexte actuel de trans­fert par l’État aux arma­teurs de la respon­sa­bi­lité de la sécu­rité des navires.

Vers une gouver­nance plus démo­cra­tique

La SNSM a révisé ses statuts, et en parti­cu­lier la compo­si­tion de son assem­blée géné­rale et de son conseil d’ad­mi­nis­tra­tion, afin de répondre à ces attentes, qui fondent la vie démo­cra­tique de notre asso­cia­tion.

Orga­ni­sa­tion appre­nante, la SNSM est vivante et sait s’adap­ter aux évolu­tions de son envi­ron­ne­ment. Les enjeux de préser­va­tion de ce modèle béné­vole d’ex­cep­tion sont multiples et néces­sitent le concours de tous : des sauve­teurs eux-mêmes, pour prendre ensemble les meilleures déci­sions pour leur avenir, de l’État et des collec­ti­vi­tés terri­to­riales, dans leurs rôles, et des dona­teurs, parti­cu­liers comme entre­prises, sans lesquels cette belle aven­ture au service de la sécu­rité de tous ne saurait perdu­rer.

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